Vue intérieure de la chapelle expiatoire construite à l’endroit où furent inhumés Louis XVI et Marie-Antoinette

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Carrier et les noyades de Nantes. Rare illustration du révolutionnaire par Vivant Denon.

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Lettre de Vérité pour la Vendée. N° 34 -Juin 2013 p. 3
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Portrait pris sur le vif de Carrier lors de son procès, par Vivant Denon. Coll. part. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Carrier_par_Vivant_Denon.jpg

Jean-Baptiste Carrier, né le 16 mars 1756 à Yolet, près d’Aurillac, mort guillotiné le 16 décembre 1794 (26 frimaire an III à Paris), est un homme politique français, un des acteurs de la Révolution française, et particulièrement de la Terreur. Son nom reste associé aux massacres et aux noyades de Nantes de 1793 et 1794.

….

Il est alors nommé secrétaire de la Convention et prend part à la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794). Les Thermidoriens le laissent tout d’abord en paix mais, couverts d’injures par lui et disposant de témoignages accablants à son encontre du Comité révolutionnaire de Nantes, ils décrètent son arrestation le 3 septembre 1794. Les notables nantais emprisonnés, transférés à Paris pour y être jugés, sont acquittés (procès des Nantais). Carrier est amené à ce procès devant le Tribunal révolutionnaire, mais se défend avec maladresse. Rejetant toute responsabilité, il dit avoir agi selon des consignes venant de la Convention. Sentant le vent tourner, Joseph Fouché, qui porte la responsabilité des massacres lyonnais, comprend l’utilité de présenter Carrier en bouc-émissaire et demande au journaliste Gracchus Babeuf de monter une campagne de presse contre celui-ci. Le 29 octobre 1794, la Convention forme une commission pour enquêter et le 13 novembre, l’Assemblée vote la levée de son immunité parlementaire. Le 27 novembre, Carrier est mis en accusation. Il fait alors le procès de l’assemblée en s’écriant : « Tout est coupable ici, jusqu’à la sonnette du président. Vous serez tous enveloppés dans une proscription inévitable ». Lors du procès du Comité nantais, il est chargé par ses ex-complices dans le rapport de Charles-Gilbert Romme, et guillotiné en place de Grève le 26 frimaire an III (16 décembre 1794), contrairement à Jean-Jacques Goullin qui réussit à obtenir son acquittement.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Carrier

 

Grenoble. La journée des Tuiles. 17 juin 1788. Premières victimes de la Révolution française ?

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Journée_des_Tuiles#/media/File:Grenoble_1788.jpg

Le 08 mai 1788 le Garde des Sceaux Monsieur de Lamoignon demande avec le Roi au parlement de Paris d’adopter de nouvelles réformes, à savoir :

  • réduction du rôle du parlement par la suppression du droit de remontrance.
  • Enregistrements des édits royaux par une Cour Spéciale désignée par le Roi
  • Perte du rôle politique du parlement et il ne reste aux parlementaires que la fonction de justice.

Le 20 mai les parlementaires réunis par les avocats Barnave et Mounier , du Tiers Etats refusent la réforme et veulent une Assemblée Nationale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Journée_des_Tuiles#/media/File:Royal_Marine_61RI_1779.png

Le 07 juin les parlementaires étant  « éxilés  » à Vizille ont ordre de quitter Grenoble. A leur départ le tocsin sonne.Le peuple se dirige vers l’hôtel particulier du représentant du Roi.

Les soldats du Royal Marine interviennent en maintien de l’ordre. Ils reçoivent maints projectiles dont pour l’essentiel des tuiles, d’où le nom donné aprés  coup à cette journée  d’émeutes) . Beaucoup de militaires sont blessés. L’ordre est rétabli le 14 juillet 1788.

En août 1788 le Roi accepte finalement la convocation des Etats Généraux à Versailles pour mai 1789.

Le jeune Henri Beyle ( dit Stendhal) alors enfant assiste à ces scènes de violences populaires au balcon de la demeure familiale. Il écrira devenu adulte «  Ce fut le premier sang*  de la révolution française ».

* 3 morts et 20 blessés dans la population et un assez grand nombre de blessés dans le régiment de Royal-Marine

( Sources : « quand les lieux racontent l’Histoire de France » de Nicolas Eybali. Editions Scrineo. Octobre 2012. et notes de Stendhal.)

Actuellement ( Mai 2015) la municipalité de Grenoble entend organiser un rassemblement festif en souvenir de la Journée des Tuiles et cherche des propositions et idées pour animer l’événement le 07 juin prochain.

Toutefois, plus en amont du constat immédiat de la narration et des festivités souhaitées par la ville faut-il considérer la Journée des Tuiles comme le premier acte public de la révolution française. Les morts et blessés du 7 juin 1788 sont-ils les premières victimes de la Révolution française ? Je vous en laisse juge.

Philippe Gouilhers                                                                                                                                                                                                                             Président  fondateur  de l’ association VOIR  ( Victimes Officielles et Inconnues de  la Révolution Française)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlotte Corday meurtrière de Marat à Paris , 30 rue des Cordeliers, le 13 juillet 1793

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Charlotte Corday d’Armont.

 

Née le 27 juillet 1768 à Saint-Saturnin-des-Ligneries près de Vimoutiers dans le pays d’Auge, morte guillotinée le 17 juillet 1793 à Paris

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Porche et escalier de la maison de Marat. Dessiné d’après nature en 1876 par Ch. Duprez. (Paris révolutionnaire avec illustrations par G. Lenotre, 1895 – p227).

 

 

 

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Plan de l’appartement de Marat. http://corday.normandie.free.fr/paris/index.php?page=cordeliers-annexe

 

7 mai 1795. Fouquier-Tinville est, à son tour, guillotiné après avoir envoyé 2 600 victimes à la Veuve.

Le Point – Publié le 07/05/2013 à 00:00 –

Durant son procès, l’accusateur public veut faire croire qu’il n’a été que le bras armé du Tribunal révolutionnaire.

FRÉDÉRIC LEWINO ET GWENDOLINE DOS SANTOS

La veille, lors de son procès expéditif, Fouquier-Tinville a réaffirmé n’avoir fait que son devoir en envoyant à la guillotine plus de 2 600 victimes. L’ex-accusateur public ne se sent nullement coupable. Sa condamnation l’a rendu furieux. Ce 7 mai 1795, à l’aube, il rédige un dernier billet destiné à son épouse, la mère de ses jumeaux de deux ans. « Je t’avoue que ta lettre est la seule consolation que j’éprouve. Je redoublerai d’efforts pour supporter le poids accablant sous lequel je gémis. Mais dépourvu de toute nouvelle, ne voyant aucun journal, il n’y a rien d’étonnant qu’on s’abandonne à la douleur, surtout quand on se voit attaquer par la calomnie la plus noire sans avoir la faculté d’y répondre. Je sais que je suis innocent et qu’aucune mauvaise action ne peut m’être reprochée avec la moindre apparence, mais l’homme abandonné à lui-même tel que je le suis perd beaucoup par intervalle de son énergie et de son courage« .

Effroi

Vers 10 heures, les charrettes envoyées par le bourreau se rangent dans la cour de Mai de la Conciergerie, escortées par des gendarmes. Fouquier-Tinville n’est pas le seul à devoir partir pour l’au-delà, quinze autres membres de l’ex-tribunal révolutionnaire – magistrats et jurés – ont également écopé d’une sanction à mort par le tribunal. L’exécuteur des hautes oeuvres de  Paris Henri Sanson, signe la livraison des prisonniers dans le greffe avant de leur offrir une dernière toilette. …. Assis sur des bancs en bois, les condamnés attendent leur tour, entendant avec effroi des milliers de Parisiens rassemblés devant la prison hurler leur haine. C’est surtout après Fouquier-Tinville qu’ils en ont. Lequel se tait, le visage plus farouche que jamais. Comme les autres, il se laisse lier les mains derrière le dos avant de monter dans une charrette….

Le convoi a bien du mal à fendre la foule au paroxysme de sa fureur. Mais Fouquier-Tinville ne sourcille pas, défiant les visages grimaçants du regard. En revanche, quelques-uns de ses compagnons, moins impavides, répondent aux injures par d’autres injures. Le convoi parvient enfin place de Grève où le sinistre échafaud a été dressé la veille. L’accusateur public est le dernier à se présenter devant la guillotine. Un spectateur lui jette : « Monstre ! À ton tour tu n’as pas la parole ! » Et lui de répliquer, plus méprisant que jamais : « Et toi, imbécile, va chercher tes trois onces de pain à la section ! Moi, du moins, je meurs le ventre plein. »

Témoignages impitoyables

Les aides de l’exécuteur le saisissent pour le coucher sur le banc de la guillotine. Le sanglant triangle d’acier chute lourdement. La tête de Fouquier-Tinville roule dans le panier où le bourreau l’attrape par les cheveux pour la montrer à la foule, effectuant le tour de l’échafaud. Durant quelques secondes, un profond silence accueille le spectacle comme si chacun avait encore du mal à comprendre que le monstre n’est plus. Puis des applaudissements crépitent, mille gorges hurlent leur soulagement. Les chapeaux volent. …

Durant les 45 jours de son procès, Antoine Quentin Fouquier de Tinville, 48 ans, se bat comme un beau diable, persuadé n’avoir été que l’instrument de la Révolution. Il est même tellement convaincu de son bon droit que c’est lui qui se rend à la Conciergerie le 2 août 1794 quand il apprend que le conventionnel Louis Fréron a fait voter un décret d’arrestation contre lui. « Écrouez-moi ! » ordonne-t-il à l’homme du greffe. Après plusieurs mois d’instruction, son procès s’ouvre le 28 mars 1795. Sur le banc des accusés, ils sont vingt-neuf membres du Tribunal révolutionnaire. On a pris le soin de désigner quinze provinciaux comme jurés, et non pas des Parisiens, pour renforcer l’impartialité du jugement. C’est un procès fleuve qui fait défiler 419 témoins dont 223 à charge.

Fouquier-Tinville rédige plusieurs lettres pour justifier son action. « Ce n’est pas moi qui devrais être traduit ici, mais les chefs dont j’ai exécuté les ordres. Je n’ai agi qu’en vertu des lois portées par une Convention investie de tous les pouvoirs. Par l’absence de ses membres, je me trouve le chef d’une conspiration que je n’ai jamais connue. Me voilà en butte à la calomnie, à un peuple toujours avide de trouver des coupables. » Il a beau se défendre, les témoignages sur sa férocité, sur son arbitraire, se multiplient. « Je n’ai été que la hache de la Convention ; punit-on une hache ? » Une drôle de hache à la vérité qui multiplie les arbitraires et se moque férocement de ses victimes. Les témoignages contre lui sont impitoyables. Ils confirment que dans la même journée, une personne pouvait être notifiée de son acte d’accusation, jugée, condamnée et exécutée. De très nombreux suspects ont même été envoyés à la guillotine sans aucun acte d’accusation. Les substitutions de personnes sont monnaie courante.

« On reconnaîtra mon innocence »

À un citoyen arrêté par erreur et lui réclamant sa liberté, Fouquier-Tinville répond en l’envoyant à l’échafaud avec une charrette d’assassins. Un autre jour, il demande qu’on lui amène en jugement une personne portant tel nom. Les huissiers lui répondent qu’elles sont plusieurs à porter ce patronyme. Peu importe à l’accusateur qui les fait toutes traduire devant lui avant de les condamner à mort sans le moindre acte d’accusation. Un autre jour, observant deux citoyens s’apitoyer sur le sort de condamnés emmenés par le bourreau, il ordonne leur arrestation, les juge, les condamne et les fait exécuter. Pour avoir chaque jour son lot de condamnés, il soudoie des dénonciateurs et des témoins bidons.

Les témoignages accablants s’accumulent et conduisent naturellement à sa condamnation, le 6 mai 1795, avec quinze de ses ex-collaborateurs « convaincus de manoeuvres et complots tendant à favoriser les projets liberticides des ennemis du peuple et de la République, à provoquer la dissolution de la représentation nationale, et le renversement du régime républicain, et à exciter l’armement des citoyens les uns contre les autres, notamment en faisant périr sous la forme déguisée d’un jugement une foule innombrable de Français, de tout âge et de tout sexe ; en imaginant, à cet effet, des projets de conspiration dans les diverses maisons d’arrêt de Paris ; en dressant, dans ces différentes maisons des listes de proscriptions, etc., et d’avoir agi avec de mauvaises intentions ».

En quittant le tribunal, Fouquier-Tinville s’écrie : « Je lègue au peuple ma femme et mes enfants ! » De retour dans sa cellule, il persiste par écrit : « Je n’ai rien à me reprocher : je me suis toujours conformé aux lois, je n’ai jamais été la créature de Robespierre ni de Saint-Just ; au contraire, j’ai été sur le point d’être arrêté quatre fois. Je meurs pour ma patrie et sans reproche. Je suis satisfait : plus tard, on reconnaîtra mon innocence. » On attend toujours…

 

http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/7-mai-1795-fouquier-tinville-l-homme-aux-2-600-guillotines-fait-a-son-tour-connaissance-avec-la-veuve-07-05-2013-1664147_494.php#xtor=CS1-31