La préparation progressive de la déportation des prêtres sur les pontons de Rochefort de 1792 à 1795.

Il a fallu trois ans pour mettre en place les déportations sur les pontons de Rochefort, de 1792 à 1795. Ce fut une marche progressive des gouvernants de l’époque pour lutter conte les prêtres réfractaires. Ils sont considérés comme des traîtres au nouveau régime proclamé, leur fidélité non seulement au Roi mais à l’Eglise les classe parmi les conservateurs considérés comme des ennemis par les révolutionnaires.

Pour autant le déchaînement de violence fut progressif et parfois paradoxal. En fait la férocité dont ils furent victimes tient tant à l’organisation du dispositif répressif qu’à la fureur révolutionnaire des gardiens mais aussi du peuple . A plusieurs reprises ce sont des gens du peuple, des curieux assistant aux déplacements des prisonniers qui organisèrent sans plan préalablement établi le massacre jusqu’à se partager les morceaux de chair à La Rochelle le 21 mars 1793. Les gardes se sont montrés en certains lieux de détention ( en attendant le lieu final de déportation ) plus attentifs au confort des prisonniers avec l’autorisation de célébrer leur culte. Cependant la population riveraine inquiète aidera les déportés ou aggravera les conditions de détentions. Ce paradoxe tient dans le fait que la religion catholique, ses représentants désormais considérés comme proscrits soient restés d’un point de vue social et culturel des valeurs encore partagées malgré la nouvelle religion ; celle de l’Etre suprême ;imposée de force par le pouvoir.

La marche vers la déportation commence par une simple loi et sera ensuite marquée de décrets de plus en plus répressifs. IL s’agit des Lois du 12 juillet 1790 et du 27novembre 1790.

La déclaration de Couthon le 07 octobre 1790 donne le ton : «  Nous sommes envoyés ici pour amener le calme et nous ne pourrons jamais y parvenir si nous ne prenons pas des mesures vigoureuses contre les prêtres réfractaires. »

Le 12 novembre 1791 le député de l’Orne LE BOUCHER déclare à la tribune : «  Je suis convaincu qu’en général les prêtres non assermentés sont les ennemis les plus dangereux de la Constitution et que les agitations plus ou moins violentes dont on se plaint ne doivent être imputées qu’aux manœuvres criminelles et aux insinuations perfides de ces factieux dont tous les efforts tendent au renversement du nouvel ordre des choses …….. »

Le Roi provoque la colère des jacobins en imposant, ce qui était pourtant  son strict droit  constitutionnel,   son veto, ce fait à pour conséquence d’accélérer les procédures ; celles – ci sont déclarées inconstitutionnelles et pour autant la répression continue d’être mise en place.

Merlin demande que ces prêtres soient chargés sur des vaisseaux vers l’Amérique. le  conventionnel Vergniaud de Limoges appuie ce projet et le député Mailhe prépare le texte qui sera la  « Loi d’exil » du 27 mai 1792. Le député de la Loire inférieure ( aujourd’hui : atlantique) déclare «  Nous devons adopter la déportation ou la guerre civile, point de milieu ! »

La province est marquée par cette nouvelle violence. Ainsi l’Abbé Chabrol , vicaire, où prêtre habitué, de l’église Saint Michel des Lions  à Limoges, le 15 juillet 1792 refuse la perquisition de sa maison , il sera massacré place Fontaine des barres. http://louis-xvi.over-blog.net/article-15-juillet-1792-109669007.html

Loi du 26 août 1792 : La loi dispose de réunir tous les prêtres non sortis de France. Le cas particulier de Limoges.

Dès le début de la révolution des actions comme la dispersion des religieuses de la Règle à Limoges en 1792. Le 21 septembre 1792 les ecclésiastiques sont placés soumis au régime de la résidence et placés sous la surveillance de la municipalité de Limoges..

Le 12 avril 1793 arrive l’ordre de placer les prêtres en réclusion . Le 13 des incarcérations de masse sont organisées. Les invalides sont placés à la Règle , vide depuis 1792 et les valides sont placés ( dans l’ancien couvent de)  la Visitation ( mitoyen avec le tribunal révolutionnaire de Limoges; lui aussi installé dans l’ancien Couvent).

A la Règle l’alimentation n’est pas prévue si ce n’est aux frais des internés ou par la charité d’amis puis l’intervention de traiteurs fut permise. Les reclus sans moyens financiers ne recevaient aucune alimentation. La promenade était permise sur la terrasse de la Règle jusqu’au 10 septembre 1793 ; A cette dateLes détenus furent privés de promenade et furent confinés dans leurs cellules.

L’étude de la chronologie des événements, souvent semblables ailleurs en France démontre qu’il s’agit bien d’un plan concerté, la montée en puissance sur le thème et au motif que les prêtres sont de dangereux proscrits alimente désormais une haine irraisonnée de la part du législateur et d’une partie de ce qui fut le bon sens populaire.

La déportation prend sa forme concrète pour le Sieur de Bruxelles, doyen de Saint Léonard placé en maison de force durant deux mois avant d’être renvoyé à La Règle le 15 octobre 1793. Le 19 mars 1794 il est envoyé sur les pontons de Rochefort ; il y mourra le 18 juillet 1794.

La Règle est désormais un centre de rétention et de rassemblement pour la déportation des prêtres. C’est un lieu administratif d’attentes et de transferts. D’ailleurs il n’est pas connu comme un lieu de violence absolue puisque seuls deux décès sont parvenus jusquà nous. Le récollet Jean Grenard y meurt en avril 1793 ainsi que le curé de Vareignes, François DUCOUX le 08 novembre 1793. Il reste une limite d’humanité vis à vis de ces prisonniers, parfois aidés par leurs géoliers ou les voisins car les « trop  malades »sont envoyés à l’hôpital. Il y a à La Règle une liberté surveillée du culte jusque 1793 avec des dévolutions d’autels et autres autorisations cultuelles ; Cela une fois exprimé la preuve est toutefois faite qu’il s’agit tout de même d’un lieu de départ programmé pour les pontons . Le prêtre Sylvain Chavignac est ainsi expédié à Rochefort le 25 fevrier 1793 pour rejoindre les pontons.

La répression augmente encore à la faveur du pouvoir pris par les extrémistes, le 14 février 1793 Thuriot obtient une motion . Une récompense de cent (100) livres est offerte à, qui dénoncera un émigré, un prêtre ou fait arrêter un suspect. Le peuple jusque présent soumis et passif va de la sorte participer activement à la purification nationale menée par les représentants du peuple. Même le département de la Creuse se montra docile et actif en faisant déporté le curé de Dun, malade et infirme sans faire de séjour en centre de rétention. De même un prêtre de Guéret poursuivi et caché dans une grange fut massacré par ses poursuivants ainsi qu’une vielle femme immobilisée dans un fauteuil fut éventrée à coup de pieux pour avoir manifester sa fidélité au Roi en agitant ses maigres économies à l’effigie du souverain.

La violence gagne encore les esprits, le 18 mars 1793 est adopté le premier décret de mort contre les prêtres réfractaires assimilés aux émigrés. Cette mesure est à mettre en œuvre dans les 24 heures.

Cette violence croissante gagne beaucoup d’esprits comme en témoigne les évènements de La Rochelle le 21 mars 1793 pour lesquels je vous ai livré quelques lignes d’annonce dans le présent texte. Quatre prêtres vendéens, emprisonnés au palais de justice le 19 mars 1793 , en attente de la déportation ; Augeard, curé de Nain ; Cornuault curé de Noireterre ; Hulé curé de Largeasse et Violleau curé de La Chapelle Gaudin. Pour les connaisseurs de la géographie vendéenne il est permis de noter que la Vendée de la révolution englobait aussi une partie de bas-poitou comme Largeasse ( aujourd’hui en Deux- Sèvres-79240)). Ces quatre infortunés doivent être transférés vers la tour prison du port de La Rochelle . Ce circuit est absolument mesurable aujourd’hui puisque tous ces lieux sont toujours existants ( du tribunal dans cette rue à arcades aux deux tours prisons qui encadrent l’entrée du vieux port ). Nos quatre prêtres sont déplacés à pied et enchaînés. La foule se déchaîne sur eux en cette fin de journée du 21 mars ; les gardes tentent de les mettre à l’abri dans la tour de la chaîne mais la foule déborde les soldats et abattent par tous moyens ces quatre hommes. Il reste une archive précise selon laquelle «  Darbelet coupe l’oreille d’un autre, un matelot ouvre le ventre d’un troisième, …. Les sept enragés sont la bouchère Marianne Marsillac, un forgeron Pinard, un charpentier Guillet  ; on coupe les têtes, on se partage les lambeaux de chair, on s’arrache les cheveux des victimes, des cris d’enthousiasme montent….. »Les quatre prêtres sont mis en sépulture et le registre des décès porte la mention : « morts victimes d’une émotion populaire » . C’est bien une preuve que la violence meurtrière est aussi le fait de gens du peuple, que la volonté révolutionnaire a aussi gagné une partie non négligeable de la population.

Durant ce temps arrive l’ ordre de déportations. Jean Dalbarade  Ministre de la Marine entre le 10 avril 1793 et le 2 juillet 1795. , successeur de Gaspard Monge a la lourde responsabilité jusqu’au 02 juillet 1795 des déportations. Le gouvernement révolutionnaire renforce la méthode et le process d’éliminations des prêtres réfractaires.

Les premières déportations s’organisent par Bordeaux en plaçant les déportés dans la forteresse de Blaye ( les cellules se visitent toujours ) et l’île du Pâté. ( île toujours existante sous ce nom face à la forteresse et protégée par les courants de la Garonne).

Sources : Jacques Hérissay «  Les prêtres pendant la terreur. Les pontons de Rochefort (1793-1795).

 

Philippe GOUILHERS

                                                                       Président fondateur de V.O.I.R.

( à suivre La chasse aux prêtres et les déportations- L’épidémie de l’île Madame et les supplice des pontons.)

Comment passer d’une date selon le calendrier grégorien en date selon le calendrier révolutionnaire et réciproquement ?

calendrier_republicain
http://www.astro-rennes.com/initiation/republicain.php

Le début de l’année grégorienne, comme celui de l’année julienne commence le 1er janvier.
Depuis, nous avons toujours utilisé le calendrier grégorien, sauf pendant l’ère républicaine (période de la révolution Française de 1789).
En effet, c’est le 14 vendémiaire an II (5 octobre 1793) que la Convention décrète que le début de l’ère républicaine (commencement de l’an I) est fixé à la date de la proclamation de la République, soit le 22 septembre 1792 (1er vendémiaire an I).

La nomenclature du calendrier républicain fut promulguée par décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793).
Il fut aboli le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) par Napoléon Ier.

http://www.poissons52.fr/histoire/revolution1789/calendrier_v.php

Le site  d’où sont extraites les  lignes ci-dessus ouvre aussi la double possibilité de traduction d’un calendrier  dans un autre et réciproquement. Deux  cases  dont les titres  vous ont  données immédiatement infra  vous ouvriront cette possibilité.

Conversion en grégorien

Conversion en républicain

http://www.poissons52.fr/histoire/revolution1789/calendrier_v.php