Charette et Bonchamps honoré par le Souvenir Vendéen le 30 septembre 2017.

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A noter  que  contrairement  à Charette et Bonchamps , Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière, né le  30 octobre 1738 , et mort le 20 octobre 1824  dans sa propriété d’Omblepied à Oudon (44521)  , est un militaire français connu pour sa participation à la  guerre de Vendée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-Nicolas_de_Fleuriot_de_La_Freuli%C3%A8re

Il ne peut  donc pas être  considéré  comme une  victime de la révolution  dont Panorama de Voir a entrepris le collecte

 

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Du bon Père Rouville et de ses compagnons martyrisés à Privas le 5 août 1794

2014-77. Du bon Père Rouville et de ses compagnons martyrisés à Privas le 5 août 1794 (2ème partie).

(la 1ère partie, résumant la vie du Révérend Père Rouville, se trouve > ici )

palmes

2ème partie – Les abbés d’Allemand, Bac, Gardès et Montblanc.

– L’abbé Pierre-François Dulau d’Allemand de Montrigaud.
Issu d’une très ancienne famille du Dauphiné, apparenté au chevalier Bayard, il était né le 26 février 1764 à Pierre-Chatel.
Ordonné prêtre par Monseigneur Jean-Georges Lefranc de Pompignan, archevêque de Vienne, au printemps 1790, il fut aussitôt nommé prieur-curé de Saint-Julien-Vocance, à quatre lieues au sud-ouest d’Annonay : cette partie de l’actuel département de l’Ardèche appartenait alors à l’archidiocèse de Vienne.

En janvier 1791, il prêta le serment avec « les réserves et restrictions que sa conscience et sa religion réclamaient », ce qui faisait qu’en rigueur ce serment était nul aux yeux de la loi, mais la municipalité s’en contenta ainsi que les autorités d’Annonay, qui à ce moment-là étaient plutôt portées à la conciliation.
Monsieur d’Allemand continua donc son ministère sans être inquiété pendant plus d’une année.

Tout se détériora lorsque, pour la Pentecôte 1792, Monsieur d’Allemand avisa la municipalité que, conformément aux années précédentes, il conduirait sa paroisse en pèlerinage au tombeau de Saint Jean-François Régis, à La Louvesc, et qu’il désirait que la procession soit accompagnée de la garde nationale jouant du tambour !
Les révolutionnaires d’Annonay s’en émurent et firent interdire la procession, avec des menaces à peine voilées…
Deux mois plus tard, c’était le 10 août : le Roi captif ne pouvait plus protéger de son veto les prêtres réfractaires au serment, qui furent donc tenus, par le décret du 26 août 1792, « de sortir du royaume dans le délai de quinze jours ».
Monsieur d’Allemand ne se laissa pas intimider : « Quand les loups hurlent, disait-il, le pasteur ne doit pas s’enfuir. »
Refusant d’abandonner sa paroisse et rétractant vigoureusement son serment restreint, malgré des menaces de plus en plus virulentes, il vit les vexations s’abattre sur les Soeurs de Saint-Joseph qui l’aidaient dans son ministère (école, catéchisme, visite des pauvres et des malades…) et sur sa personne, fut contraint de quitter sa cure, dut renoncer à célébrer dans son église, mais continua néanmoins son ministère en se cachant dans des hameaux éloignés.

Il fut trahi par un paroissien qui l’avait fait appeler pour baptiser son fils qui venait de naître : pris dans la nuit du 4 au 5 juillet 1794, traîné à Annonay en subissant de nombreux outrages, il fut conduit dans les prisons de Privas le 9 juillet 1794.
C’est le plus jeune de nos martyrs : il était âgé de trente ans.

église de St-Julien Vocance avec stèle commémorative de l'abbé Allemand

Saint-Julien-Vocance : l’église aux origines romanes, profondément remaniée au XIXe siècle.
En 1937 une stèle a été érigée sur le parvis rappelant « la pieuse et glorieuse mémoire » de l’intrépide curé et martyr, Pierre-François d’Allemand.

– L’abbé Jean-Jacques André Bac.
Né le 30 novembre 1751 à la ferme du Grand-Bosc, sur la paroisse de Saint-Julien-Labrousse, à trois petites lieues au nord-est du Cheylard, dans les Boutières, après sa formation cléricale au séminaire de Bourg-Saint-Andéol, il fut ordonné prêtre le 23 mars 1776, par Monseigneur Joseph Rollin de Morel Villeneuve de Mons, évêque de Viviers.

Vicaire pendant dix ans dans deux paroisses du diocèse de Viviers, il fut choisi en 1786 pour être prieur-curé du village de Mens, dans le diocèse de Die : ce diocèse était en effet très pauvre en prêtres et devait donc faire appel à des prêtres extérieurs. Il fallait pour cette cure de Mens un prêtre particulièrement zélé et instruit, car la population de cette paroisse y était presque pour moitié protestante.
Il prêta le serment constitutionnel avec restrictions au début de l’année 1791, mais le rétracta quelques mois plus tard quand il apprit la condamnation de la constitution civile par le Pape Pie VI. Ayant subi des pressions psychologiques très fortes auxquelles il résista autant qu’il put, il fut finalement chassé de son presbytère et remplacé par un curé jureur.

Monsieur Bac pensa d’abord demeurer dans sa paroisse pour y continuer son ministère, mais il dut bientôt se rendre à l’évidence : poursuivi par de farouches révolutionnaires, s’il restait sur place il attirerait des représailles sanglantes sur les paroissiens fidèles qui l’auraient caché et aurait assisté à sa messe. Après quelques semaines d’errance, au début de l’année 1792, il revint dans sa famille à Saint-Julien-Labrousse.
Les municipaux de Saint-Julien-Labrousse étaient d’anciens camarades et n’étaient nullement des révolutionnaires enragés, au contraire ; dans toute cette paroisse, ainsi qu’aux environs, la population était très fortement chrétienne, attachée à ses prêtres et à la pratique religieuse, si bien que, par exemple, le curé – noble messire Alexis du Chier – était demeuré dans son presbytère sans avoir jamais été inquiété. Ce vieux prêtre rendit paisiblement son âme à Dieu le 3 juin 1793.
L’abbé Bac, requis de prêter le serment de « liberté-égalité », le prononça avec toutes les restrictions – dûment explicitées et consignées par les municipaux – que lui dictait sa conscience, ce qui, pendant deux années, lui permit d’exercer publiquement les actes du ministère, à Saint-Julien et dans les villages environnants, au début pour seconder le vieil abbé  du Chier, puis pour le remplacer et suppléer au manque de pasteurs dans les paroisses voisines. Il en fut ainsi depuis le début de l’année 1792 jusqu’à mai 1794.

C’est le maire de Vernoux, gros bourg distant de quelque quatre lieues, qui le dénonça au district : « Il existe depuis un certain temps un ci-devant prêtre insermenté (…) nommé Bac, chassé de Mens, département de l’Isère, où il versait son poison. Cet homme fait beaucoup de mal, et il convient d’en purger la terre de la raison. [Donne donc l’ordre] d’arrêter Bac qui promène tranquillement son incivisme dans cette commune » (sic).
Le 12 mai 1794, la maréchaussée de Tournon cerna à l’aube la ferme du Grand-Bosc et se saisit de l’abbé Bac.
D’abord incarcéré et interrogé à Tournon, les restrictions qu’il avait exprimées lors des différents serments exigés par la loi révolutionnaire et sa rétractation du serment schismatique furent établies : c’était un crime suffisant pour être conduit dans les prisons du chef-lieu.
L’abbé Bac arriva à Privas le 9 juin 1794, il était dans sa quarante-troisième année.

Mens

Le village de Mens, dans l’ancien diocèse de Die :
paroisse de l’abbé Jean-Jacques André Bac, natif de Saint-Julien-Labrousse. 

– L’abbé Louis Gardès.
Né le 25 juillet 1754 dans une famille paysanne de la paroisse du Béage, sur les hauts plateaux vivarois qui confinent au Velay, au terme de ses études sacerdotales qu’il suivit au séminaire de Bourg-Saint-Andéol, il fut ordonné prêtre le 19 décembre 1778 par Monseigneur Charles de La Font de Savine qui venait tout juste de prendre possession du diocèse de Viviers.

Après avoir été vicaire pendant cinq ans dans le diocèse de Viviers, comme l’abbé Bac et pour la même raison – surabondance de vocations en Vivarais et pénurie en quelques diocèses voisins – , l’abbé Gardès partit pour le diocèse d’Alès où, après quelques mois de vicariat, il fut nommé curé-prieur de Saint-Gilles-de-Ceyrac, qui est aujourd’hui un hameau de la commune de Conqueyrac et constituait alors une petite paroisse de l’archiprêtré de Saint-Hippolyte-du-Fort.
Entraîné par l’exemple de ses confrères voisins, l’abbé Gardès prêta d’abord le serment constitutionnel, mais dès qu’il en apprit la condamnation par le Souverain Pontife, il fit une rétractation solennelle non seulement devant les municipaux de Saint-Hippolyte mais aussi par acte notarié.

Considéré dès lors comme réfractaire, l’abbé Louis Gardès dut renoncer à tout ministère public : d’ailleurs sa petite église de Ceyrac avait été fermée, son mobilier vendu et son argenterie envoyée à la monnaie. Pendant quelque temps, il fut toléré qu’il exerçât les fonctions du culte à titre privé, dans des chaumières ou dans des granges, mais dans les premiers mois de 1792 la situation devint critique : Saint-Hippolyte était un ardent foyer du calvinisme cévenol ; la révolution y avait rallumé dans la population huguenote acquise aux idées révolutionnaires des idées de représailles fort peu évangéliques envers les catholiques. En juillet 1792, l’un des confrères de l’abbé Gardès fut horriblement torturé pendant toute une journée par la populace avant d’être décapité…

C’était dans le même temps que l’échec de ce que l’on a appelé « la conspiration de Saillans » entraîna une sanglante répression contre les catholiques et loyaux sujets du Roi dans le nord du Gard et le sud de l’Ardèche (cf. l’histoire des camps de Jalès >http://leblogdumesnil.unblog.fr/2013/09/06/2013-68-ou-a-loccasion-du-220eme-anniversaire-du-martyre-de-labbe-claude-allier-leur-instigateur-et-leur-ame-on-rappelle-ce-que-furent-les-camps-de-jales/). En se cachant, l’abbé Louis Gardès quitta les Cévennes pour remonter vers son pays natal et, après plusieurs mois d’errance, pour venir se cacher dans le mas familial de Peyregrosse, sur la paroisse du Béage.

Profondément enracinées dans la foi catholique et farouchement hostiles au clergé constitutionnel, les populations rurales des hauts plateaux vivarois étaient entrées en résistance dès la fin de l’année 1791 : les paroisses s’étaient organisées autour de chefs à la forte personnalité, véritables chouans – tels « notre » Grand Chanéac (cf. www) – sous la protection desquels, de toutes parts, des prêtres réfractaires étaient venus se placer.

A plusieurs reprises, de véritables battues furent organisées. C’est à l’occasion de l’une d’elles que, fuyant Le Béage et  cherchant à rejoindre le village de La Chapelle-Graillouse, à la mi-juin 1794, vaincu par la fatigue, il s’était endormi dans un taillis, la tête appuyée sur son bréviaire qu’il venait de réciter, que l’abbé Louis Gardès fut surpris et formellement identifié par un miséreux auquel il avait fait la charité.
Il arriva à Privas pour y être incarcéré et interrogé le 16 juin 1794, il était âgé de quarante ans.

La Chapelle-Graillouse

La Chapelle-Graillouse, village en direction duquel s’enfuyait l’abbé Louis Gardès
lorsqu’il fut pris à la mi-juin 1794.

– L’abbé Barthélémy Montblanc.
Né le 18 avril 1760 à Cruzy, près de Narbonne, on sait peu de choses sur ses origines et sa formation cléricale en raison des destructions des archives. Des actes de catholicité qui ont subsisté nous montrent qu’il était diacre le 30 juillet 1785 mais prêtre le 4 octobre suivant.

Le 12 juillet 1789, nous le trouvons nommé vicaire d’une succursale de Givors, à quelque sept lieues au sud de Lyon. Probablement était-ce pour se rapprocher de son frère, « maître en chirurgie » à Condrieu, qu’il avait obtenu de venir dans l’archidiocèse de Lyon.
Son absence fut remarquée aux célébrations organisées le 14 juillet 1790 pour l’anniversaire de la prise de la Bastille, et lorsque, à la fin de janvier 1791, il apprit qu’on allait exiger de lui le serment constitutionnel, il résolut de partir : le jour de la Chandeleur, 2 février 1791, à l’issue de la messe, il fit ses adieux à ses paroissiens en leur expliquant que sa conscience ne lui permettait pas de prêter le serment qu’on exigeait de lui.

L’abbé Montblanc se retira d’abord chez son frère, à Condrieu, puis, craignant de lui être à charge et de constituer un danger pour sa famille, quelques mois plus tard, il gagna dans un premier temps Annonay, où s’était organisée une association clandestine de prêtres qui « feignant d’être chirurgiens, colporteurs, garçons boulangers, gardes nationaux, à la faveur de [leurs] déguisements, s’insinuaient dans les maisons où leur ministère était nécessaire ».
Mais le zèle de l’abbé Barthélémy Montblanc en faisait un des principaux suspects, et il dut bientôt s’enfuir pour mener une vie errante dans les montagnes du nord du Vivarais, du sud du Forez et du Pilat, se mettant au service des âmes dans les paroisses qui n’avaient plus de pasteur.
Cela dura jusqu’à la Pentecôte de 1793 où, revenant d’administrer un mourant – probablement dans les environs de Pelussin – , il fut pris par une bande de révolutionnaires qui, après les outrages que l’on peut imaginer, l’envoyèrent dans les prisons de Lyon.
L’héroïque révolte des Lyonnais contre la convention le tira de son cachot.

Fuyant Lyon lorsque la ville fut prise et livrée à la vengeance révolutionnaire, l’abbé Montblanc revint à Annonay sous un déguisement de sans-culotte.
Sous le nom de code d’ «oncle Barthélémy », il exerça à Annonay un rocambolesque ministère clandestin d’octobre 1793 à mai 1794. Les « patriotes » enrageaient contre lui et avaient juré sa perte ; le « comité de surveillance » multipliait les ruses pour le prendre… et finit par resserrer l’étau autour de lui, si bien qu’à la fin du mois de mai, l’ « oncle Barthélémy » dut s’éloigner d’Annonay et se cacher, à deux lieues de là, à Vernosc.
Dans ce village, trois Soeurs de Saint-Joseph – dont nous reparlerons plus loin – avaient maintenu, dans une relative discrétion, leur vie de communauté, de prière et de bonnes oeuvres. Là, l’abbé Montblanc continua son ministère avec un zèle ardent, jusqu’à ce qu’une religieuse défroquée, dont la demeure servait de rendez-vous aux démagogues et aux libertins, n’attire l’attention des « patriotes » du lieu sur lui : « Je parierais que c’est un calotin. Je m’y connais. Il a plutôt l’allure d’un ci-devant curé que d’un celle d’un sans-culotte… »

Le lundi de Pentecôte 9 juin 1794, alors qu’il avait jugé prudent de s’éloigner de Vernosc pendant quelques temps, l’abbé Barthélémy Montblanc fut reconnu, pourchassé et finalement pris dans la vallée de la Cance, près de la « roche Péréandre ».
A celui qui lui mit la main au collet, l’abbé se contenta de dire : « Le bras qui m’arrête périra ». Peu de temps après, pendant la moisson, cet homme se querella avec un camarade qui lui donna un coup de faucille sur la main droite : la plaie s’infecta, la gangrène s’y mit et se propagea, et on dut lui amputer le bras.

Emmené captif à Annonay, l’abbé Montblanc fut, dès le 14 juin 1794, transféré à la prison de Privas : il était âgé de trente-quatre ans.