La Révolution française (Constituante). Donner la mort par suffocation.

Idée d’un expédient pour donner publiquement la mort aux criminels sans répandre de sang, et remplir les rües de modération.

Élever une estrade ou échafaud à 6 ou 7 pieds de terre, qui seroit de 7 à 8 pieds en carré, traversé par une pièce de bois solidement fixé en terre, et qui s’élèveroit encore de 7 pieds au dessus de l’estrade.

Le serviteur de la mort ÿ attacheroit le condamné par le col, les pieds et les mains derrière le dos, et revetiroit ou enfermeroit le tout d’une espèce de guéritte carré de 3 pieds, garnie de vitres dans les quatre faces et surmonté d’une calotte ou chapiteau, le tout joignant exactement dans touttes ses parties.

On ménagera sous l’estrade une baze pour ÿ placer un brazier qu’on surchargera au signal de charbon noir non allumé avec du souffre et autres matières de nature à suffocquer, qui pourra communiquer, par un espèce d’entonnoir renversé, dans la guéritte, de façon à ce que le condamné soit suffocqué et expire à l’instant, on s’appercevra à travers les vitres, nonobstant l’épaisseur de la fumé, de la mort par suffocquation. Le tourment sera subit et l’apareil réduit à peu d’instant, les horreurs seront dérobés, et la justice sera faitte promptement, on dévelopera le cadavre de la guérite, et restra un quart d’heure aux ÿeux du public, et de suitte porté dans le champ du someil, il y a un cimetière non loin transporté hors d’une de nos villes au dessus du portail duquel on mis « Ager Somni » (NDLRB. Champ du sommeil)

Si l’écrivain soumis à tracer cette idé pour donner la mort, a l’occasion de glisser cet avis avec il prouvera à l’assemblé qu’il répugne à se pretter à l’anonisme.

Le projet de M. Guillotin aÿant été éloigné, crainte que son nom se perpétuat par un instrument patibulaire, peut être les frères Clerjon de Villefranche et de Lÿon ont pour cela exigé, que cette idé fut meme privé de datte, ou peut être ils ont craint par attachement respectueux pour l’église, qu’on confondit Clergeon avec Clerjon, et que dans ces circonstances on n’appelle la guéritte une Clerjon.

GIRARDET.

gIRARDET 3

 

Source : Document conservé au Centre historique des Archives nationales, Paris – AA55, dossier 1513.

Crimino Corpus – Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines.

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