Dimanche 11 décembre 2016. Marche du Souvenir. Les Massacres du Mans.

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Le Comité du 13 décembre commémore le passage des Vendéens au Mans du 10 au 13 décembre 1793.

Les fouilles réalisées en 2009 dans le Quinconce des Jacobins au Mans par l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont exhumé les restes de 154 personnes décédées de mort violente lors de la Virée de Galerne entre les 12 et 13 décembre 1793.

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Que faire des vestiges des guerres de Vendée découverts au Mans en 2009 ?

Que faire des vestiges des guerres de Vendée ?

Des fouilles conduites au Mans en 2009 avaient mis à jour des centaines d’ossements datant des guerres de Vendée de 1793.

Trois élus des Pays de la Loire souhaitent confier une mission à une anthropologue et un historien pour réfléchir à leur devenir.

ZOOM

Les fouilles archéologiques sur l’emplacement de l’ancien théâtre Place des Jacobins au Mans.

Ce sont des traces d’une valeur exceptionnelle. En 2009, un chantier de fouilles archéologiques sur le site des Jacobins, au Mans (Sarthe), avait mis à jour neuf charniers comprenant 159 corps enterrés à la hâte après la bataille du Mans des 12 et 13 décembre 1793, épisode majeur des guerres de Vendée (La Croix du 30 septembre 2014).

Des ossements finement analysés

Si ces ossements ne représentent que 5 à 6 % de la totalité des victimes des combats qui opposèrent les troupes républicaines (les « Bleus ») à l’armée vendéenne catholique et royale (les « Blancs »), ils apportent un éclairage inédit sur cette douloureuse période de l’histoire. Ces dépouilles ont en effet été minutieusement analysées par des chercheurs de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) qui viennent de remettre un rapport d’un millier de pages sur le sujet.

Les corps retrouvés sont ceux de 70 hommes, 38 femmes et 23 enfants ( NDLRB. Donc  61 non combattants a priori) . 28 n’ont pu être identifiés. Élodie Cabot, anthropologue à l’INRAP, n’exclut pas que « quelques corps de Républicains ou de Manceaux » aient pu être enfouis aux côtés des Vendéens.

À lire :Le Mans 1793, une bataille symbolique

http://www.la-croix.com/Ethique/Sciences-Ethique/Sciences/Le-Mans-1793-une-bataille-symbolique-2014-09-29-1213530

Pour le reste, « ces découvertes confirment le caractère familial des armées vendéennes mais nous n’avons trouvé ni très jeune enfant, ni vieillard », précise-t-elle.

Des morts souvent violentes

L’étude traumatologique des ossements démontre quant à elle l’extrême violence des combats, avec une majorité de blessures par arme blanche (sabres, baïonnettes ou pics) mais aussi par tirs de fusils, de pistolets ou d’artillerie.

Il y a également quelques traces d’achèvement de victimes au sol, par coups de crosse ou balles dans la tête. L’examen des objets des défunts – boutons, épingles, monnaie, médailles, etc. – montre enfin que les corps n’ont pas été dépouillés ni dénudés avant leur inhumation.

Valoriser la mémoire collective

Ce travail achevé, la question du devenir des objets et des ossements retrouvés dans ces fouilles reste entière et suscite de vives passions en Vendée, où cette période résonne toujours de façon très sensible dans la mémoire collective.

À lire :En mémoire de la guerre de Vendée

http://www.la-croix.com/Archives/2009-08-15/En-memoire-de-la-guerre-de-Vendee-_NP_-2009-08-15-351458

D’où l’initiative conjointe de trois élus des Pays de la Loire – le maire PS du Mans Jean-Claude Boulard, le président divers droite du Conseil départemental vendéen Yves Auvinet et le président LR du conseil régional Bruno Retailleau – de confier à Élodie Cabot et à l’historien Alain Gérard le soin de réfléchir à leur destination.

« Il est important que des élus de tous bords gèrent ce dossier », souligne le maire du Mans qui espère qu’avec le temps, cet épisode reprendra sa place dans l’histoire de la République. « Dans une société du jetable, ne pas oublier le passé est essentiel », souligne Yves Auvinet, tandis que Bruno Retailleau insiste sur la valorisation de cette mémoire, « indispensable pour se projeter dans l’avenir ».

Une consultation indispensable

Si les deux scientifiques sollicités acceptent cette mission, ils devraient procéder à l’audition de nombreux acteurs du dossier avant de formuler leur avis : État, élus, directeurs de musées, responsables d’associations mémorielles… Car élus locaux comme gardiens de cette mémoire ont bien du mal à s’entendre sur le site le plus approprié pour accueillir ces vestiges : musée, monument aux morts ou encore lieu clérical.

« Ils ont une immense valeur symbolique car ils témoignent d’une période affreuse qui a trop longtemps été négligée », souligne Michel Chatry, président de l’association Souvenir vendéen, forte d’un millier d’adhérents. Plusieurs propositions circulent déjà, comme l’Historial de la Vendée, la chapelle du Mont des Alouettes ou l’abbatiale de Saint-Florent-Le-Vieil (Maine-et-Loire), commune où un général vendéen avait gracié 5 000 prisonniers républicains.

Pour Alain Gérard, il n’est envisageable ni d’exposer ces ossements au public, ni de les enfouir définitivement. « Des scientifiques doivent pouvoir y avoir accès », plaide Élodie Cabot. Si un lieu de mémoire devait être érigé, tous deux défendront un espace de réconciliation honorant les victimes des deux camps. Michel Chatry, dont plusieurs ancêtres ont péri dans les guerres de Vendée, y insiste aussi : « Nous, Vendéens, n’avons rien oublié mais nous avons pardonné ».

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UN ÉPISODE TRAGIQUE

La bataille du Mans constitue un épisode tragique de la « virée de Galerne », expédition de l’armée catholique et royale destinée à rejoindre un port de la Manche pour recevoir l’aide des Anglais. Faute d’y parvenir, cette armée composée d’hommes, de femmes et d’enfants reflue vers Le Mans, où elle subit l’assaut de l’armée républicaine. « C’est à partir de là que se profilent 1794 et les colonnes infernales, qui ne sont autres que l’extermination délibérée et gratuite de la population civile », raconteAlain Gérard. Vendée ; les archives de l’extermination (éditions CVRH). Sur cette période, lire aussi La Chouannerie et les guerres de Vendée (éditions Ouest France).

Florence Pagneux (à Nantes)

http://www.la-croix.com/France/Que-faire-vestiges-guerres-Vendee-2016-02-23-1200742084?utm_medium=Social&utm_source=Twitter&utm_campaign=Echobox&utm_term=Autofeed#/link_time=1456256322