Les victimes des éxecutions en masse à Orange inhumées dans la chapelle de Gabet (84100. Orange).

Cette chapelle est due à l’initiative de Pierre Millet, de Gabet, qui finança sa construire en  1832, sur les fosses où les victimes de 1794 avaient été jetées pêle-mêle, et recouvertes de chaux vive. C’était sous le règne de la Terreur . À Parie, Robespierre dictait ses lois à la Convention  nationale  et Maigret, son représentant, faisait exécuter les contre-révolutionnaires locaux. Il y eut 63 victimes à Bédoin, 47 à Avignon, Orange devint le principal centre d’exécution.

Le tribunal établit, sous le nom de Commission Populaire, siégea du 19 juin 1794 au 4 août 1794  ; il tint 44 séances, rendit 595 jugements, prononça 147 acquittements, condamna 116 prévenus à la prison et 332 à la peine de mort. Parmi ces derniers, 36 membres du clergé, 32 religieuses, et 264 autres personnes appartenant à divers corps de métiers, 43 cultivateurs ou journaliers, 13 cordonniers, 12 femmes dont 6 veuves, 11 ouvriers de soie, 3 cardeurs de laine, 6 orfèvres, 6 charpentiers, menuisiers ou charrons, 5 aubergistes, 5 tailleurs, 5 maçons, 3 boulangers, 3 Maréchaux-ferrants, 2 bouchers, 2 chapeliers, 2 cordiers, 2 meuniers, 2 selliers, 2 couturières, des fondeurs, foulonniers, messagers, pâtissiers, quincailliers, taillandiers, vanniers, relieurs, revendeurs, commis ou domestiques.

Avant d’être jugées, les victimes furent d’abord détenues, pendant un temps plus ou moins long, dans les 6 différentes prisons établies à Orange pour les recevoir :

  • La prison du cirque  ; le Théâtre romain
  • La prison des Dames  ; le Tribunal actuel
  • La prison de la Cure  ; Place du Cloître attenante à la cathédrale
  • La prison des Chièzes  ; maison des Pères Gardistes
  • La prison de la Baronne de Saunier
  • La prison des Cordeliers  ; l’Église Saint-Florent

Chaque jour, à 9 heures, à partir du  19 juin 1794 , les prévenus qui devaient comparaître étaient conduits au tribunal, siégeant dans l’Église de l’ancien collège des Pères de Saint-Jean, vaste édifice carré, dont la chapelle actuelle occupe à peine la moitié. La séance durait ordinairement jusqu’à 15 heures. Les victimes condamnées à mort étaient enfermées dans le cirque, en attendant leurs exécutions.

Elles avaient lieu 6 heures du matin, au haut du cours Saint Martin (Cours A.Briand) où était installée la guillotine. À mesure qu’elles sortaient de la rue de Tourre, deux prêtres cachés derrière un rideau, à une des fenêtres de la dernière maison à droite, et qui les voyaient venir de la Place actuelle du Tribunal leur donnait une suprême absolution. Ces deux prêtres étaient M. Boussier, curé d’Orange, et le Père Thomas, ancien capucin  ; ils avaient aussi réussi souvent à leur porter la sainte communion dans la prison.

Quand toutes les têtes étaient tombées (environ une dizaine par jour), on les jetait avec les corps dans un tombereau et on les amenait à Gabet en suivant le chemin du Plan de Meyne qui y aboutit directement. Sept fosses ont été creusées, pouvant contenir chacune 100 cadavres. Les trois premières ayant été remplies du 19 juin au 26 juillet, on alla à partir du 27, continuer les inhumations dans la septième à 120 mètres plus loin. Cela fait une trentaine de victimes, les dernières, qui reposent à cet endroit écarté.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_de_Gabet