Histoire du Bienheureux Claude-Barnabé Laurens de Mascloux (1735-1794)

Il est né au Dorat (87210), le 10 juin 1735, dans une maison située dans l’ancienne Ecole St-Pierre (dans la Grand’Rue), devenue plus tard l’annexe du Collège Pierre Robert. Il a été baptisé dans la Collégiale, le 11 juin. Il était le quatrième enfant du magistrat Etienne Laurens des Combes, Lieutenant criminel à la Sénéchaussée de la Basse Marche.

Ordonné prêtre en 1759, il fut ensuite reçu chanoine du Chapitre de St-Pierre, ainsi que ses deux frères, Hubert et Joseph.

Lors de la Révolution, il refusa (en 1791) d’être assermenté à la Constitution civile du clergé, comme de nombreux autres chanoines ; il fut ensuite arrêté avec ses deux frères et d’autres prêtres de la région, le 14 mai 1793. Les prêtres réfractaires furent incarcérés à Limoges puis condamnés à la déportation maritime. Après un voyage très éprouvant, pendant huit jours à pied, jusqu’à Rochefort-sur-mer, ils y furent de nouveau enfermés. En avril 1794, ils furent embarqués sur un ancien navire négrier, « Les deux Associés », ancré à demeure entre l’Ile d’Aix et l’Ile Madame, où 400 prêtres ont été entassés, dans l’entrepont ; avec le deuxième bateau, il y avait au total 829 prêtres prisonniers.

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Après un traitement indigne et cruel, 547 d’entre eux moururent en quelques mois, victimes des mauvais traitements, de la sous-alimentation, d’une épidémie de typhus, et de la haine aveugle contre la foi, mais en pardonnant à leurs bourreaux.

Claude Barnabé rendit son âme à Dieu le 7 septembre 1794. A l’approche de sa mort, il montra autant de calme et de sérénité qu’il avait montré de douceur et d’aménité avant de tomber malade. Il est inhumé, avec 253 de ses compagnons, dans les sables blanchâtres de l’Ile Madame.

Malgré la publication, vers 1820, de plusieurs récits sur ces faits terribles, il fa fallu attendre le Second Empire pour découvrir les heures sombres de ce qu’on appellera plus tard « la déportation des prêtres sur les pontons de Rochefort » et pour savoir que c’est à l’ile Madame que « ces saints sont enterrés ».

Leur procès en béatification a été ouvert en 1910 par l’évêque de la Rochelle. En 1989, 64 dossiers, dont ceux de 18 prêtres limousins, ont été définitivement retenus, pour lesquels le martyre ne pouvait pas être mis en doute.

Lors du deuxième centenaire de la mort de ces martyrs, dont Claude-Barnabé de Mascloux, diverses manifestations furent organisées,  notamment :

–  à Port des Barques (Ile Madame), en 1994, sous la présidence du cardinal Etchegaray, avec la présence de nombreux limousins ;

– et à Rochefort, où un mémorial a été inauguré le 7 avril 1995 par Mgr Eyt (archevêque de Bordeaux), en présence du maire du Dorat, Me Clisson. La ville du Dorat avait participé à la souscription pour l’érection de ce bas-relief en bronze. Le Père Bignaud, curé du Dorat, avait prélevé un peu de terre dans la crypte de la Collégiale (ou reposèrent pendant cinq siècles les saints patrons du Dorat), et avait envoyé cette terre sacrée à Rochefort. Une plaque gravée a été alors placée dans la crypte de la Collégiale du Dorat, indiquant ce bicentenaire.

La béatification de ces martyrs a été prononcée par le pape saint Jean-Paul II  le 1° octobre 1995, à Rome. Mgr Soulier, évêque de Limoges, le Père Bignaud, la Supérieure des Sœurs de Marie-Joseph, la municipalité du Dorat et la Confrérie des saints Israël et Théobald  étaient présents, ainsi que plusieurs habitants du Dorat, aux magnifiques cérémonies qui ont eu lieu à Rome pendant plusieurs jours. Lors de l’audience publique du 2 octobre, le Pape a souligné le pardon donné par les martyrs envers leurs bourreaux.

Une plaque commémorative, en granit rose, avec un émail représentant l’ile Madame, a été placée dans la Collégiale du Dorat, dans la petite chapelle du déambulatoire, entre les châsses des saints ; elle a été bénie par Mgr Soulier le 21 septembre 1997, en présence du maire (Thierry Surun), du curé du Dorat (le Père Lamy), et de la Confrérie.

Enfin, le 15 septembre 2001, un pèlerinage de la grande paroisse St-Martin en Basse Marche eut lieu sur la sépulture collective des prêtres martyrs, marquée par la Croix des Galets, à la pointe sud de l’Ile Madame.

Fidèle à sa mission, la Confrérie continue d’exalter la mémoire du Bienheureux Claude Barnabé Laurens de Mascloux.

Texte établi pour l’essentiel à partir de l’hagiographie écrite par Mgr Rougerie au XIX° s

http://ostensions-le-dorat.e-monsite.com/pages/saint-israel-saint-theobald/saint-laurens-barnabe-de-mascloux.html

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