Le 28 Vendémiaire de l’an 8 (20 octobre 1799), attaque de Nantes,  les royalistes fusillent quelques noyeurs de Carrier…

Le Dimanche 20 octobre 1799… « Dès quatre heures du matin, d’Andigné, après une vive fusillade, s’emparait des quais de l’Erdre; Chatillon et le chevalier de Brégent attaquaient la porte de Vannes. Bientôt maîtres de la place Viarme, où Cathelineau et Charette ont trouvé la mort, leurs soldats font retentir un immense cri de Vive le Roi ! Ils s’y jettent à genoux et prient pour les deux héros qui ont si glorieusement illustré leur cause. De la place Viarme, les Chouans se répandent dans la ville ; le canon d’alarme ne cesse d’y retentir de minute en minute. Au bruit de la mousqueterie qui se fait entendre sur divers points, les Nantais perdent la tête. Un brouillard qui survient et qui empêche les gardes nationaux de se rallier augmente le tumulte et l’effroi. Les paysans profitent habilement de ce moment de terreur ; postés sur chaque place et maîtres des principales rues, ils font sur les masses en désordre un feu meurtrier. Savariau, juge au tribunal civil, qui a réuni un certain nombre d’habitants, et Pellerin, qui veut venger son père tué dans les landes de la Vendée, périssent malgré leurs efforts désespérés. Davy, qui est accouru au Port-Communeau avec deux bataillons, y est frappé mortellement, le maire Saget à la cuisse cassée par une balle sur la place de l’Egalité.

En quelques minutes, toutes les autorités sont mises hors de combat, soixante huit noyeurs de Carrier qu’on signale aux envahisseurs sont passés par les armes. Cependant on résistait vigoureusement au Change, au Port-au-Vins, à la Halle Neuve, sur les cours, dans les rues du Moulin-des-Larmes, de Briard, de Gorges et sur les places de l’Egalité et du Bouffay. Tête Carrée, qui s’était évadé de cette dernière prison, s’y dirigea pour délivrer trois prêtres, selon la promesse qu’il leur avait faite. Quinze autres royalistes qui étaient détenus avec ces prêtres et dont trois devaient périr le lendemain, s’échappèrent avec eux, saisirent les fusils de leurs gardiens et firent feu sur les Révolutionnaires.

Le jour qui commençait à percer le brouillard, fait craindre à Châtillon qu’on ne remarque enfin le petit nombre de ses soldats. Afin de n’être pas enveloppé, il fait battre en retraite par la route de Rennes. Son but était atteint, il avait voulu montrer que Nantes n’était pas à l’abri d’un coup de main, et il voulait forcer les Républicains à y maintenir une forte garnison, afin de n’avoir pas à lui opposer dans les campagnes des troupes aussi nombreuses… »

Voici quelques noms de Républicains tués dans l’affaire du 28 Vendémiaire :

François-Jean-Baptiste Savariau*, notaire, juge au tribunal civil, natif de la Garnache, époux de Marie-Anne Brosseau, tué par les Rebelles le 28 Vendémiaire sur le Pont de la Bourse à cinq heures du matin, 65 ans (vue n°10/128 cote 1E245).*Notaire, procureur fiscal de la juridiction de la Livernière, le Pallet- Procureur fiscal du marquisat de la Gallissonnière avant la Révolution – Il rédige le cahier de doléances…

Jean-Baptiste Pellerin, commis négociant de Chateauthébaud époux de Marguerite-Désirée Leprévost-Bourgerel, tué en combattant les Rebelles, le 28 Vendémiaire à 5 heures du matin, route de Rennes, 24 ans. (15éme section vue n°2/19)

Pons Espitallier, tailleur d’habits, natif de Bargenton (Var), divorcé de Marie-Elisabeth Drouchaud, tué par les Chouans le 28 Vendémiaire au poste de Rennes vers 3 heures du matin, 39 ans. ( 14ème section,Vue n°4/29).

François Hubert, marchand de plumes, natif de Chansecret près de Domfront (Orne), époux de Louise-Marie Savary, tué le 28 Vendémiaire à 4 heures du matin d’un coup de fusil à la tête qu’il reçut des Rebelles. (13ème section vue 6/30).

Louis-Thomas Mary, tailleur d’habits, époux de Françoise-Jeanne Delcusy, de Saint Léonard de Nantes, tué au poste de Rennes le 28 Vendémiaire, 23 ans. (13ème section, vue n°6/30)

Jean-Pierre Laporte, rentier, veuf de Marthe Casenove, natif de Tarbes, décédé suite blessures du 28 Vendémiaire, 70 ans. (16ème section vue n°4/36).

Pierre Langouet, rapeur de tabac, époux de Julienne Poirier, né à Bourg des Comptes (Ile et Vilaine), tué par les rebelles à leur entrée dans la ville de Nantes, le 28 Vendémiaire de l’an 8 à 4 heures du matin. (2éme section, vue n°3/28).

Paul Laigneau, militaire, 22 ans, d’Agen (Lot et Garonne), mort de ses blessures à 5 heures du matin. (3ème section, vue n°2/24).

Jean Hudomme, taillandier, de Saint-Clément de Nantes, époux d’Angélique Legris, mort des suites de ses blessures reçues par les Rebelles, 44 ans. (5ème section vue n°3/25)

Jacques-Dominique Viau, tué par les insurgés, appartenant à une compagnie franche de Nantes, trouvé mort au collège, tué d’un coup de feu, officier marin, 29 ans (6ème section vue n°4/33). Un noyeur de Carrier ?

Christophe Hervé, perruquier, de Gannay sur Loire (Allier), époux de Jeanne Guillet, mort de ses blessures reçues le 28 Vendémiaire par les Rebelles, 42 ans. (vue n° 4/34, 8ème section).

Charles-François Fremont, capitaine, 1er bataillon de la Loire-Inférieure, époux de Marie-Jeanne Vreusse de Saint Saturnin de Nantes, mort de ses blessures le 28 Vendémiaire, 33 ans. (Vue n°4/29- 9ème section).

Jean-Marie Gautier, manœuvre, de Nantes, époux de Perrine Sauvage, 32 ans, tué le 28 Vendémiaire par les Rebelles. ( vue n°5/29, 9ème section).

Jean-Claude Girouard, époux de Catherine Castel, natif de Loches (Indre et Loire), 59 ans, mort de ses blessures reçues par les rebelles. (vue n°10/128, 10ème section).

Pierre-Nicolas Defacy, chef du troisième bataillon de la 14ème demi-brigade, mort des suites de ses blessures. (10ème section, vue n°11/128).

Pierre Poissonneau, cordonnier, natif de Varades, décédé des suites de ses blessures, 37 ans. (vue n°3/30, 13ème section).

Jean-Louis Dezournois, brigadier, 2ème régiment, de Saint-Germain-en-Laye, décédé des suites de ses blessures. (vue n°4/30, 13ème section).

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Numéro premier, un cadavre ayant un coup de feu à la région hypogastrique, vêtu d’un pantalon de drap brun mélangé, un gillet de bazin, et une chemise, le tout ensanglanté, lequel cadavre a été reconnu pour être le citoyen Bernier, rentier, rue Contrescarpe, par les citoyens Menard, officier de santé, nous accompagnant, Pelet, coiffeur du dit Bernier et Brosnais, chef de brigade de la garde Nationale.

Numéro deux, un autre cadavre, marqué d’une ancienne cicatrice, prenant de la commissure des lèvres du côté droit et s’étendant au menton, ayant un coup de feu à l’arcade sourcillère droite pénétrant dans le cerveau, vêtu d’un habit d’uniforme garde nationale, et une chemise, le tout très ensanglanté, lequel cadavre a été reconnu pour être le citoyen Pellerin, négociant, rue Contrescarpe, par les citoyens Louis Thomas et Nicolas Burgevin.

Numéro trois, un autre cadavre ayant un coup de feu à la partie supérieure du sternum et quatre coups de bayonnettes au thorax, vêtu d’une culotte de drap gris, et une chemise, le tout très ensanglanté, lequel cadavre a été reconnu pour être le citoyen Mari, frippier, rue Contrescarpe, par le citoyen François Chevalier son beau frère et Petit, coiffeur.

Numéro quatre, un autre cadavre ayant un coup de feu à l’omoplate du côté droit pénétrant dans la cavité de la poitrine, vêtu d’un pantalon de coton siam,un gillet de futaine et une chemise, le tout très ensanglanté, lequel cadavre a été reconnu pour être le citoyen Espitalier, tailleur, rue de la Fosse, par les citoyens Novion, greffier et Chevalier, frippier.

Numéro Cinq, un autre cadavre ayant un coup de feu à deux doigt au dessous du nombril, pénétrant dans la capacité du bas ventre   ; vêtu d’un habit uniforme   ; veste et gillet blanc, culotte de velour de coton brun rayé, bas de laine, souliers et chemise, le tout très ensanglanté, lequel cadavre a été reconnu par les citoyen Guillet, commissaire de police et Chevalier, frippier, pour être le citoyen Hubert, plumassier,quai Tourville.

Numéro six, un autre cadavre ayant un coup de feu à la partie supérieure du sternum, pénétrant dans la cavité de la poitrine   ; vêtu d’un habit uniforme, d’un gillet rouge, d’une culotte noire, bas de laine, un soulier et une chemise, ayant dans ses poches, quatre cartouches, une poudrière, une bougie et quelques papiers, lesquels effets nous avons mis sous enveloppe et scellé de notre cachet, lequel cadavre a été reconnu pour être le citoyen Savariau, juge au tribunal civil de ce département, demeurant isle Feydeau, quai Lowendal, numéro premier, par les citoyens Novion, greffier, Menard officier de santé et Guittet, commissaire de police.

Numéro sept, un autre cadavre ayant un coup de feu au cartilage cricoïde et un coup de bayonnette dans la partie moyenne de la poitrine, deux autres à la tempe et à la joue gauche, vêtu d’un habit uniforme portant des galons de sergent, un gillet rouge, une culotte de velour coton gris, une paire de bas noirs, souliers, chapeau et giberne, lequel cadavre a été reconnu pour être le citoyen Thibault, cirier, Haute Grande Rue,par les citoyens Guillet commissaire de police, Chevalier frippier et Nicolas Huguet.

Numéro huit, un autre cadavre ayant un coup de feu à la trachée artère, un autre à l’aine gauche, un coup de sabre à la tête, vêtu d’une carmagnole gris fer, collet et parements de velour noir, bottines, cheveux en queue, une chemise, ayant dans les poches une liste de douze noms de guerre, un scapulaire de satin blanc ensanglanté portant une couronne brodée en soie verte, un lien de fil blanc au milieu de la couronne  ; un cœur brodé en soie rouge, plus un tire bourre, la dite liste portant les noms suivants  : Armand Piron caporal, la Jeunesse, Saint Georges, Chapecoquin, Verse à Boire, Châteaubriant, Passe partout, Cartouche, la Consciance, La Gayeté et la France, lequel cadavre portant sur sa carmagnole une contre épaulette en soie noire, petits boutons de métal blanc unis, de la taille de cinq pieds quatre pouces, ayant la figure ronde, cheveux châtains, nez et bouche moyenne, sans barbe et de l’âge d’environ vingt deux ans n’a été reconnu par personne (royaliste) et nous avons mis sous les scellés et enveloppe, les effets trouvés dans ses poches.

Numéro neuf, un autre cadavre ayant un coup de feu à l’oreille droite, pénétrant dans le crâne : vêtu d’un seul pantalon bleu, cheveux courts et frisés, corps et figure très maigres, nez crochu, bouche ordinaire, taille d’environ cinq pieds un pouce ayant l’air d’un homme de campagne, n’a été reconnu par personne (Royaliste).

Numéro dix, un autre cadavre ayant un coup de feu à la région hypogastrique, pénétrant dans l’abdomen, taille de cinq pieds deux pouces, né pointu, bouche moyenne, cheveux bruns en rond, vêtu d’un gillet de laine grise, boutons blancs d’os gillet d’Espagnolette blanche, pantalon de cotonnade bleu ; nous avons trouvé dans les poches un passeport n°901 du canton du Lion d’Or d’Angers, du onze germinal an sept, portant pour nom François Sansais domicilié du dit canton, profession de garçon de labourage, pour aller dans tout le département de Maine et Loire, lequel passeport nous avons mis sous enveloppe et scellé, lequel cadavre n’a été reconnu par personne (royaliste).

Numéro onze, un autre cadavre ayant même costume que le premier, n’ayant point de culotte, ayant des épaulettes de laine verte à franges, une épinglette à la boutonnière, cheveux noirs, figure ronde, de l’âge d’environ vingt et un ans, taille cinq pieds un pouce, ayant dans les poches une reconnaissance signée Lebebvre prêtre vic, un état de liquidation, un reçu signé R. Livenai, une quittance signée Terrier, lesquels papiers nous avons mis sous une enveloppe que nous avons scellé de notre cachet, lequel cadavre ayant un coup de feu au bas ventre, à quatre travers de doigts au dessous du nombril, et n’a été reconnu par personne. (Royaliste). Ce fait, nous avons payé six francs aux trois citoyens qui ont transporté les cadavres et qui se sont retirés. De tout quoi nous avons rapporté le présent procès verbal sous signatures du citoyen Menard, du greffier et la nôtre, les autres citoyens s’étant retiré pour retourner à leurs postes, les dits jour et an, signé Ménard officier de santé, Cuipart et Novion greffier. Pour expédition conforme signé Novion greffier. Fait en la maison commune de Nantes, sous mon seing les dits jour et an. »’

signé Barbier officier public (Nantes-Décès an 8 cote 1E248, vue 6). 

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Catherine-Magdelaine Chevaye de la Châtaigneraie, noyée en Loire au mois de Frimaire de l’an deux. 

Catherine Chavaye, noyée en Loire….

Catherine Chavaye, noyée en Loire....

Catherine-Magdelaine Chevaye a épousé le 10 novembre 1762, en la paroisse Saint-Jacques de Clisson :

 »Messire Alexis-René-Marie-Anne Moreau*, chevalier seigneur Duplessis Moreau, chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment de Piémont infanterie, commandant du bataillon de milice de Blois, fils majeur de feu Messire René Moreau Ecuyer, seigneur des Moullières** conseiller du Roy lieutenant général civil et criminel au baillage et siège Royal de Mouvant (Vouvant) séant ; et de défunte Dame Marie-Aimée Gaborit de la Brosse ses père et mère originaires et domiciliés de la paroisse Saint-Jean de la Châtaigneraye d’une part et Demoiselle Catherine-Magdelaine Chevaye, fille de René Chevaye, Ecuyer, Conseiller du Roi secrétaire auditeur honoraire en la Chambre des comptes de Bretagne et de Dame Françoise Garciau aussi ses père et mère originaires et domiciliés de cette paroisse, en présence de Jean-François-Joseph Moreau, Ecuyer, seigneur de la Grange, Conseiller du Roy, bailly et lieutenant-général civil et criminel, au baillage et siège royal, demeurant séant à la Châtaigneraye, frère de l’époux.. » etc…

Catherine Chavaye, noyée en Loire....

* Alexis-René-Marie-Anne Moreau du Plessis a été commandant en second dans la 5ème compagnie noble à l’Armée des Princes, chef de bataillon. Il est décédé le 2 Ventôse an 12, (le mercredi 22 février 1804) à la Bruffière, chez son neveu, à l’âge de 85 ans.

** Les Moulières appartiennent à la Révolution à Etienne-Joseph Aimé Moreau, écuyer, seigneur de Moulière, qui épouse le 20 janvier 1789 Françoise-Anne-Louise-Marie de Vieux – saisies et vendues comme bien national.

Nous ne connaissons pas les circonstances de l’arrestation de Catherine-Magdelaine Chevaye, son mari étant à l’armée des Princes elle était devenue suspecte. Nous savons qu’elle fut noyée en Loire au mois de Frimaire an 2 (Décembre 1793).

  Le 27 avril 1795 (8 Floréal an 3), un certificat de décès est établi à la mairie de Nantes dont la teneur suit :

«Le huit Floréal an trois de la République une et indivisible, à trois heures du soir, moi Mathurin Gaignard, officier public élu pour constater l’état civil des citoyens, j’ai transcrit littérallement le présent jugement du tribunal du district de Nantes dont la teneur suit :

 »Extrait des minutes du greffe du tribunal du district de Nantes – Exposent les citoyens René Philipes, François Chevay, Claude-Alexandre Duveau Chavaignac et Hélène-Catherine-Charlotte Chevay son épouse ; suite et diligence de René Lenormand, leur fondé de pouvoir.

Qu’il est prouvé par l’enquête faite à leur requête, le vingt huit du mois dernier, que Catherine-Magdelaine Chevay, leur tante, a été noyée avis le poste de la Sécherie, dans le courant du mois de Frimaire an second et de la manière expliquée dans la pétition que les exposants vous mirent le vingt six du dit mois de Germinal tendante à faire la preuve de leur maintient. Ce considéré, vous plaise, citoyens juger, voir la dite enquête, dire quel décès de CatherineMagdelaine Chevay, femme Moreau Duplessis, demeurant à la Châtaigneraye en Poitou, a eu lieu par la noyade, au mois de frimaire deuxième année et accorder tout acte nécessaire pour la preuve du dit décès ».

Signé Lenormand »

« Le Tribunal vu la pétition, après avoir entendu le commissaire national, dans ses conclusions motivées. Considérant qu’il est prouvé par l’enquête du vingt huit germinal dernier, que Catherine-Magdelaine Chevay, femme Moreau Duplessis a été transférée à la maison de l’Entrepôt sur une galiotte, près le Sécherie et noyée avec les autres individus, mis sur la même galiotte, dans le cours du mois de Frimaire an deux ; considérant ainsi qu’il n’a point été rapporté d’acte de décès de ceux qui ont éprouvé ce sort. Déclare que la mort de Catherine-Magdelaine Chevay femme moreau Duplessis de la Châtaigneraye département de la Vendée, est constante, et a eu lieu dans le mois de Frimaire an deux et pour lui tenir lieu de décès, ordonne que le présent soit inscrit par le greffier, sur le double registre des actes de décès de la dix huitième section de Nantes ; à la marge des actes du mois de Frimaire an deux. Arrêté à Nantes en la Chambre du Conseil, le deux Floréal l’an trois de la République Française une et indivisible, aussi signé sur la minute ; Félix Gedouin, commissaire national, Tiger, Pineaud, Bourdier, Cormier et Juguet ; enregistré à Nantes le trois Floréal an trois de l’ère républicaine par Bertrand, qui a reçu une livre.

signé Blanchard, fait en la maison commune de Nantes, sous mon seing les dits jour et an.

Signé Gaignard. »

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Catherine Chavaye, noyée en Loire.... 

Sources : Archives de la ville de Nantes – tous droits réservés- décès an 3, Section Voltaire et Brutus cote 1E92 – vue n°101/136.-Archives Départementales de Loire-Atlantique, tous droits réservés – mariages année 1762 paroisse Saint-Jacques de Clisson.-vue 5/6 et mariage 1789, vue 6/109).-Le Plessis, cadastre de la Châtaigneraie 1834 section C1 de la Pénissière. Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés.Décès la Bruffière année 1804, vue n°129/411.– Photo: crédit Patrimoine Maritime fluvial – Gabare la Montjeannaise.

                                               Xavier Paquereau pour Chemins Secrets

Charette et Bonchamps honoré par le Souvenir Vendéen le 30 septembre 2017.

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A noter  que  contrairement  à Charette et Bonchamps , Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière, né le  30 octobre 1738 , et mort le 20 octobre 1824  dans sa propriété d’Omblepied à Oudon (44521)  , est un militaire français connu pour sa participation à la  guerre de Vendée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-Nicolas_de_Fleuriot_de_La_Freuli%C3%A8re

Il ne peut  donc pas être  considéré  comme une  victime de la révolution  dont Panorama de Voir a entrepris le collecte

 

Du bon Père Rouville et de ses compagnons martyrisés à Privas le 5 août 1794

2014-77. Du bon Père Rouville et de ses compagnons martyrisés à Privas le 5 août 1794 (2ème partie).

(la 1ère partie, résumant la vie du Révérend Père Rouville, se trouve > ici )

palmes

2ème partie – Les abbés d’Allemand, Bac, Gardès et Montblanc.

– L’abbé Pierre-François Dulau d’Allemand de Montrigaud.
Issu d’une très ancienne famille du Dauphiné, apparenté au chevalier Bayard, il était né le 26 février 1764 à Pierre-Chatel.
Ordonné prêtre par Monseigneur Jean-Georges Lefranc de Pompignan, archevêque de Vienne, au printemps 1790, il fut aussitôt nommé prieur-curé de Saint-Julien-Vocance, à quatre lieues au sud-ouest d’Annonay : cette partie de l’actuel département de l’Ardèche appartenait alors à l’archidiocèse de Vienne.

En janvier 1791, il prêta le serment avec « les réserves et restrictions que sa conscience et sa religion réclamaient », ce qui faisait qu’en rigueur ce serment était nul aux yeux de la loi, mais la municipalité s’en contenta ainsi que les autorités d’Annonay, qui à ce moment-là étaient plutôt portées à la conciliation.
Monsieur d’Allemand continua donc son ministère sans être inquiété pendant plus d’une année.

Tout se détériora lorsque, pour la Pentecôte 1792, Monsieur d’Allemand avisa la municipalité que, conformément aux années précédentes, il conduirait sa paroisse en pèlerinage au tombeau de Saint Jean-François Régis, à La Louvesc, et qu’il désirait que la procession soit accompagnée de la garde nationale jouant du tambour !
Les révolutionnaires d’Annonay s’en émurent et firent interdire la procession, avec des menaces à peine voilées…
Deux mois plus tard, c’était le 10 août : le Roi captif ne pouvait plus protéger de son veto les prêtres réfractaires au serment, qui furent donc tenus, par le décret du 26 août 1792, « de sortir du royaume dans le délai de quinze jours ».
Monsieur d’Allemand ne se laissa pas intimider : « Quand les loups hurlent, disait-il, le pasteur ne doit pas s’enfuir. »
Refusant d’abandonner sa paroisse et rétractant vigoureusement son serment restreint, malgré des menaces de plus en plus virulentes, il vit les vexations s’abattre sur les Soeurs de Saint-Joseph qui l’aidaient dans son ministère (école, catéchisme, visite des pauvres et des malades…) et sur sa personne, fut contraint de quitter sa cure, dut renoncer à célébrer dans son église, mais continua néanmoins son ministère en se cachant dans des hameaux éloignés.

Il fut trahi par un paroissien qui l’avait fait appeler pour baptiser son fils qui venait de naître : pris dans la nuit du 4 au 5 juillet 1794, traîné à Annonay en subissant de nombreux outrages, il fut conduit dans les prisons de Privas le 9 juillet 1794.
C’est le plus jeune de nos martyrs : il était âgé de trente ans.

église de St-Julien Vocance avec stèle commémorative de l'abbé Allemand

Saint-Julien-Vocance : l’église aux origines romanes, profondément remaniée au XIXe siècle.
En 1937 une stèle a été érigée sur le parvis rappelant « la pieuse et glorieuse mémoire » de l’intrépide curé et martyr, Pierre-François d’Allemand.

– L’abbé Jean-Jacques André Bac.
Né le 30 novembre 1751 à la ferme du Grand-Bosc, sur la paroisse de Saint-Julien-Labrousse, à trois petites lieues au nord-est du Cheylard, dans les Boutières, après sa formation cléricale au séminaire de Bourg-Saint-Andéol, il fut ordonné prêtre le 23 mars 1776, par Monseigneur Joseph Rollin de Morel Villeneuve de Mons, évêque de Viviers.

Vicaire pendant dix ans dans deux paroisses du diocèse de Viviers, il fut choisi en 1786 pour être prieur-curé du village de Mens, dans le diocèse de Die : ce diocèse était en effet très pauvre en prêtres et devait donc faire appel à des prêtres extérieurs. Il fallait pour cette cure de Mens un prêtre particulièrement zélé et instruit, car la population de cette paroisse y était presque pour moitié protestante.
Il prêta le serment constitutionnel avec restrictions au début de l’année 1791, mais le rétracta quelques mois plus tard quand il apprit la condamnation de la constitution civile par le Pape Pie VI. Ayant subi des pressions psychologiques très fortes auxquelles il résista autant qu’il put, il fut finalement chassé de son presbytère et remplacé par un curé jureur.

Monsieur Bac pensa d’abord demeurer dans sa paroisse pour y continuer son ministère, mais il dut bientôt se rendre à l’évidence : poursuivi par de farouches révolutionnaires, s’il restait sur place il attirerait des représailles sanglantes sur les paroissiens fidèles qui l’auraient caché et aurait assisté à sa messe. Après quelques semaines d’errance, au début de l’année 1792, il revint dans sa famille à Saint-Julien-Labrousse.
Les municipaux de Saint-Julien-Labrousse étaient d’anciens camarades et n’étaient nullement des révolutionnaires enragés, au contraire ; dans toute cette paroisse, ainsi qu’aux environs, la population était très fortement chrétienne, attachée à ses prêtres et à la pratique religieuse, si bien que, par exemple, le curé – noble messire Alexis du Chier – était demeuré dans son presbytère sans avoir jamais été inquiété. Ce vieux prêtre rendit paisiblement son âme à Dieu le 3 juin 1793.
L’abbé Bac, requis de prêter le serment de « liberté-égalité », le prononça avec toutes les restrictions – dûment explicitées et consignées par les municipaux – que lui dictait sa conscience, ce qui, pendant deux années, lui permit d’exercer publiquement les actes du ministère, à Saint-Julien et dans les villages environnants, au début pour seconder le vieil abbé  du Chier, puis pour le remplacer et suppléer au manque de pasteurs dans les paroisses voisines. Il en fut ainsi depuis le début de l’année 1792 jusqu’à mai 1794.

C’est le maire de Vernoux, gros bourg distant de quelque quatre lieues, qui le dénonça au district : « Il existe depuis un certain temps un ci-devant prêtre insermenté (…) nommé Bac, chassé de Mens, département de l’Isère, où il versait son poison. Cet homme fait beaucoup de mal, et il convient d’en purger la terre de la raison. [Donne donc l’ordre] d’arrêter Bac qui promène tranquillement son incivisme dans cette commune » (sic).
Le 12 mai 1794, la maréchaussée de Tournon cerna à l’aube la ferme du Grand-Bosc et se saisit de l’abbé Bac.
D’abord incarcéré et interrogé à Tournon, les restrictions qu’il avait exprimées lors des différents serments exigés par la loi révolutionnaire et sa rétractation du serment schismatique furent établies : c’était un crime suffisant pour être conduit dans les prisons du chef-lieu.
L’abbé Bac arriva à Privas le 9 juin 1794, il était dans sa quarante-troisième année.

Mens

Le village de Mens, dans l’ancien diocèse de Die :
paroisse de l’abbé Jean-Jacques André Bac, natif de Saint-Julien-Labrousse. 

– L’abbé Louis Gardès.
Né le 25 juillet 1754 dans une famille paysanne de la paroisse du Béage, sur les hauts plateaux vivarois qui confinent au Velay, au terme de ses études sacerdotales qu’il suivit au séminaire de Bourg-Saint-Andéol, il fut ordonné prêtre le 19 décembre 1778 par Monseigneur Charles de La Font de Savine qui venait tout juste de prendre possession du diocèse de Viviers.

Après avoir été vicaire pendant cinq ans dans le diocèse de Viviers, comme l’abbé Bac et pour la même raison – surabondance de vocations en Vivarais et pénurie en quelques diocèses voisins – , l’abbé Gardès partit pour le diocèse d’Alès où, après quelques mois de vicariat, il fut nommé curé-prieur de Saint-Gilles-de-Ceyrac, qui est aujourd’hui un hameau de la commune de Conqueyrac et constituait alors une petite paroisse de l’archiprêtré de Saint-Hippolyte-du-Fort.
Entraîné par l’exemple de ses confrères voisins, l’abbé Gardès prêta d’abord le serment constitutionnel, mais dès qu’il en apprit la condamnation par le Souverain Pontife, il fit une rétractation solennelle non seulement devant les municipaux de Saint-Hippolyte mais aussi par acte notarié.

Considéré dès lors comme réfractaire, l’abbé Louis Gardès dut renoncer à tout ministère public : d’ailleurs sa petite église de Ceyrac avait été fermée, son mobilier vendu et son argenterie envoyée à la monnaie. Pendant quelque temps, il fut toléré qu’il exerçât les fonctions du culte à titre privé, dans des chaumières ou dans des granges, mais dans les premiers mois de 1792 la situation devint critique : Saint-Hippolyte était un ardent foyer du calvinisme cévenol ; la révolution y avait rallumé dans la population huguenote acquise aux idées révolutionnaires des idées de représailles fort peu évangéliques envers les catholiques. En juillet 1792, l’un des confrères de l’abbé Gardès fut horriblement torturé pendant toute une journée par la populace avant d’être décapité…

C’était dans le même temps que l’échec de ce que l’on a appelé « la conspiration de Saillans » entraîna une sanglante répression contre les catholiques et loyaux sujets du Roi dans le nord du Gard et le sud de l’Ardèche (cf. l’histoire des camps de Jalès >http://leblogdumesnil.unblog.fr/2013/09/06/2013-68-ou-a-loccasion-du-220eme-anniversaire-du-martyre-de-labbe-claude-allier-leur-instigateur-et-leur-ame-on-rappelle-ce-que-furent-les-camps-de-jales/). En se cachant, l’abbé Louis Gardès quitta les Cévennes pour remonter vers son pays natal et, après plusieurs mois d’errance, pour venir se cacher dans le mas familial de Peyregrosse, sur la paroisse du Béage.

Profondément enracinées dans la foi catholique et farouchement hostiles au clergé constitutionnel, les populations rurales des hauts plateaux vivarois étaient entrées en résistance dès la fin de l’année 1791 : les paroisses s’étaient organisées autour de chefs à la forte personnalité, véritables chouans – tels « notre » Grand Chanéac (cf. www) – sous la protection desquels, de toutes parts, des prêtres réfractaires étaient venus se placer.

A plusieurs reprises, de véritables battues furent organisées. C’est à l’occasion de l’une d’elles que, fuyant Le Béage et  cherchant à rejoindre le village de La Chapelle-Graillouse, à la mi-juin 1794, vaincu par la fatigue, il s’était endormi dans un taillis, la tête appuyée sur son bréviaire qu’il venait de réciter, que l’abbé Louis Gardès fut surpris et formellement identifié par un miséreux auquel il avait fait la charité.
Il arriva à Privas pour y être incarcéré et interrogé le 16 juin 1794, il était âgé de quarante ans.

La Chapelle-Graillouse

La Chapelle-Graillouse, village en direction duquel s’enfuyait l’abbé Louis Gardès
lorsqu’il fut pris à la mi-juin 1794.

– L’abbé Barthélémy Montblanc.
Né le 18 avril 1760 à Cruzy, près de Narbonne, on sait peu de choses sur ses origines et sa formation cléricale en raison des destructions des archives. Des actes de catholicité qui ont subsisté nous montrent qu’il était diacre le 30 juillet 1785 mais prêtre le 4 octobre suivant.

Le 12 juillet 1789, nous le trouvons nommé vicaire d’une succursale de Givors, à quelque sept lieues au sud de Lyon. Probablement était-ce pour se rapprocher de son frère, « maître en chirurgie » à Condrieu, qu’il avait obtenu de venir dans l’archidiocèse de Lyon.
Son absence fut remarquée aux célébrations organisées le 14 juillet 1790 pour l’anniversaire de la prise de la Bastille, et lorsque, à la fin de janvier 1791, il apprit qu’on allait exiger de lui le serment constitutionnel, il résolut de partir : le jour de la Chandeleur, 2 février 1791, à l’issue de la messe, il fit ses adieux à ses paroissiens en leur expliquant que sa conscience ne lui permettait pas de prêter le serment qu’on exigeait de lui.

L’abbé Montblanc se retira d’abord chez son frère, à Condrieu, puis, craignant de lui être à charge et de constituer un danger pour sa famille, quelques mois plus tard, il gagna dans un premier temps Annonay, où s’était organisée une association clandestine de prêtres qui « feignant d’être chirurgiens, colporteurs, garçons boulangers, gardes nationaux, à la faveur de [leurs] déguisements, s’insinuaient dans les maisons où leur ministère était nécessaire ».
Mais le zèle de l’abbé Barthélémy Montblanc en faisait un des principaux suspects, et il dut bientôt s’enfuir pour mener une vie errante dans les montagnes du nord du Vivarais, du sud du Forez et du Pilat, se mettant au service des âmes dans les paroisses qui n’avaient plus de pasteur.
Cela dura jusqu’à la Pentecôte de 1793 où, revenant d’administrer un mourant – probablement dans les environs de Pelussin – , il fut pris par une bande de révolutionnaires qui, après les outrages que l’on peut imaginer, l’envoyèrent dans les prisons de Lyon.
L’héroïque révolte des Lyonnais contre la convention le tira de son cachot.

Fuyant Lyon lorsque la ville fut prise et livrée à la vengeance révolutionnaire, l’abbé Montblanc revint à Annonay sous un déguisement de sans-culotte.
Sous le nom de code d’ «oncle Barthélémy », il exerça à Annonay un rocambolesque ministère clandestin d’octobre 1793 à mai 1794. Les « patriotes » enrageaient contre lui et avaient juré sa perte ; le « comité de surveillance » multipliait les ruses pour le prendre… et finit par resserrer l’étau autour de lui, si bien qu’à la fin du mois de mai, l’ « oncle Barthélémy » dut s’éloigner d’Annonay et se cacher, à deux lieues de là, à Vernosc.
Dans ce village, trois Soeurs de Saint-Joseph – dont nous reparlerons plus loin – avaient maintenu, dans une relative discrétion, leur vie de communauté, de prière et de bonnes oeuvres. Là, l’abbé Montblanc continua son ministère avec un zèle ardent, jusqu’à ce qu’une religieuse défroquée, dont la demeure servait de rendez-vous aux démagogues et aux libertins, n’attire l’attention des « patriotes » du lieu sur lui : « Je parierais que c’est un calotin. Je m’y connais. Il a plutôt l’allure d’un ci-devant curé que d’un celle d’un sans-culotte… »

Le lundi de Pentecôte 9 juin 1794, alors qu’il avait jugé prudent de s’éloigner de Vernosc pendant quelques temps, l’abbé Barthélémy Montblanc fut reconnu, pourchassé et finalement pris dans la vallée de la Cance, près de la « roche Péréandre ».
A celui qui lui mit la main au collet, l’abbé se contenta de dire : « Le bras qui m’arrête périra ». Peu de temps après, pendant la moisson, cet homme se querella avec un camarade qui lui donna un coup de faucille sur la main droite : la plaie s’infecta, la gangrène s’y mit et se propagea, et on dut lui amputer le bras.

Emmené captif à Annonay, l’abbé Montblanc fut, dès le 14 juin 1794, transféré à la prison de Privas : il était âgé de trente-quatre ans.

Suivre à la trace la colonne infernale du Général Grignon. Retirer un terme : Commune de Saint -Paul-en-Pareds (87500).

http://chemins-secrets.eklablog.com/jean-gaboriau-a131161326

 

Le 31 janvier 1794, « De grand matin, Grignon quitte la Flocellière pour gagner les Herbiers. Sa colonne se divise en plusieurs parties au village de l’Epaud. L’une d’elles prend le chemin de Saint-Paul-en-Pareds, massacrant un groupe de Vendéens cachés dans le bois de la Bonnelière*, et tuant et incendiant les hameaux et fermes le long de leur chemin. Ce détachement parvient le soir à Saint-Paul-en-Pareds et enferme soixante douze personnes dans la cour du château. Après les avoir nourries, abreuvées et forcées à danser, ils les massacrent….

* Curieusement, le logis de la Bonnelière de St Michel-Mont-Mercure (85700) échappe à l’incendie.

Marc Hayé, aubergiste de la commune de Saix guillotiné le 28 avril 1794)

     Ce post provient  d’un site à la sensibilité royaliste mais ceci ne veut pas dire que   « Panorama de  Voir »  a renoncé  au caractère scientifique de ses recherches.
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Marc Hayé, aubergiste de la commune de Saix (86120-Vienne),

guillotiné à Poitiers le  9 Floréal de l’an II (28 avril 1794),

pour avoir abattu l’arbre de la liberté…

        
Marc Hayer, de Saix.... En 1793, le hameau de  »Belle Cave » se situe au carrefour du Poitou, de l’Anjou et de la Touraine. Ce lieu-dit de la commune de Saix, compte trois auberges, celle des Trois-Canards, des Trois-Pigeons et des Trois-Marchands. Marc Hayé, âgé de 43 ans, natif de Belligné dans le district d’Ancenis (Loire-Inférieure) est le propriétaire de l’auberge des Trois-Marchands. Il n’aime pas la république et voit d’un très mauvais œil toutes les nouveautés et surtout l’arbre de la liberté de Saix et son bonnet de la liberté, symboles de ce qu’il exècre.

Après la prise de Saumur, les Vendéens font une incursion dans le petit village de Saix situé près de Fontevrault dans le département de la Vienne. En effet, le 10 juin, les Vendéens sont à Saumur, la rumeur…. ils sont à  »Belle Cave » et vont abattre l’arbre de la liberté. Marc Hayé n’a jamais caché son soutien au Roi, mais il est vu derrière un cavalier Vendéen et comme toujours le salaud du village va le  »balancer » ; c’est un habitant de  »Belle Cave » nommé Joseph Cerclé, journalier.

Cette fripouille déclare  : « Quelques jours après la prise de Saumur par les Brigands, il vit le nommé Hayé monté derrière un brigand à cheval qui fut abattre l’arbre de la liberté de la commune de Saix ».

Le lundi 9 Floréal de l’an 2 (28 avril 1794), Marc Hayé comparaît devant le tribunal Criminel de Poitiers. Parmi les faits qui luit sont reprochés  : Il a pris le bonnet de la liberté, l’a fait sauter en l’air et l’a foulé aux pieds en disant :

« Le voilà le bonnet qui nous met dans l’esclavage… AU DIABLE LA SACREE LIBERTE, plus de municipalité, au diable la sacrée municipalité……

J’EMMERDE la sacrée municipalité… AU DIABLE LA NATION et VIVE LE ROI. »

Après avoir entendu l’accusateur public, le Tribunal se déclare convaincu que Marc Hayé est coupable de provocation à la royauté et d’émeutes contre-révolutionnaires. Il ordonne que le dit Hayé soit livré dans les vingt quatre heures à l’exécuteur des jugements criminels et mis à mort. Ses biens sont et demeurent acquis à la république.

  Rendons hommage à ce royaliste en honorant sa famille par une brève généalogie.

Marc Hayé-Hayer-Hayée est né le 20 mai 1750 au village de la Haute-Lande à Belligné, il exerce la profession de Tisserand à Fontevrault avec son frère Etienne de 1780 à 1786 puis est tenancier de l’auberge des Trois-Marchands vers 1788 et exerce peut-être aussi son métier de tisserand. Il est le fils de Marc-Urbain Hayer et de Perrine-Marie Hallery originaires de la paroisse de Daon (Mayenne). Il se marie à Epieds en Anjou le 11 février 1779 avec Marie-Renée Desmier-Dixmier, née le 14 avril 1750 à Epieds et décédée le 11 mars 1823 à la Grande-Fontaine à Brézé où elle est qualifiée d’aubergiste.

L’acte de mariage d’un de ses fils, Jacques-André Hayé stipule qu’il est le fils de «  Marc Hayé, tisserand, décédé à Poitiers comme victime de la Révolution. » (Vue n°41 et 42/147, acte de mariage du 6 janvier 1813 à Raslay, archives de la Vienne). De cette union sont issus :

1° Sophie Hayer, née le 24 mai 1780 à Fontevrault.

2° Marc-Jacques Hayer, né le 17 août 1781 à Fontevrault.

3° Emilie-Sophie Hayer, née le 26 mai 1783 à Fontevrault.

4° Marie Hayer, née le 6 juin 1785 à Fontevrault.

5° Jacques-André Hayer, né le 31 mai 1788 à Fontevrault.

marié le 6 janvier 1813 à Raslay avec Marie-Rosalie Champion.

6° Jacinte Haydier, né le 12 juillet 1789 à Saix et + le 26 août 1789.

7° Louis Haydier, né le 12 juin 1792 à Saix, garçon laboureur à  Bizay, Epieds et décédé le 30 décembre 1865 à la Crépineriecommune de Brézé, journalier-vigneron.

  Pour terminer, car dans ce cas de figure, il ne faut pas oublier de signaler la famille du judas, du félon, de la canaille, responsable de la mort de son voisin : Joseph Cerclet ou Cerclé.

Joseph Cerclé a été assez facilement identifiable. Le 13 octobre 1841, Joseph Cerclet, cultivateur, âgé de 80 ans, veuf de Marthe Turquois, né à Saix, fils de feu Pierre Cerclet et de Marie Lalleron est décédé à la Tourette(lieu-dit proche de la Belle-Cave) – voir cadastre. (vue n°99/105 décès de Saix 1823-1842)

  C’est bien notre homme, puisque le 13 Ventôse de l’an 3 (3 mars 1795) – (vue n°34/136, 1793-1801), Joseph Cerclé est journalier, âgé de 32 ans et Marthe Turquois, âgée de 33 ans, domiciliés à Saix sont présents à la déclaration de la naissance de Louis Courtois, fils de Louis Courtois, journalier et de Marie Cerclé….. et le cercle se referme…..

Sources: Archives Départementales de la Vienne, du Maine-et-Loire, de la Loire-Atlantique tous droits réservés – Etat civil des communes de Saix, Fontevrault, Raslay, Epieds, Brézé, Belligné – Cadastre de 1841-assemblage feuille 16 4P414, de la commune de Saix – Les arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne de Robert Petit , Editions Clé 89 – Photos : La guillotine, extraite de Lafautearousseau quotidien royaliste Action-Française et photos de l’auteur.

 

http://chemins-secrets.eklablog.com/marc-hayer-de-saix-a130947174