Quatre exécutions aux Sables-d’Olonne, le premier Germinal de l’an II…

La guillotine se trouve sur la plage et lorsqu’elle fonctionne mal à cause des embruns, on fusille les condamnés à côté...   

 

TO GO WITH AFP STORY BY ALEXANDRA TURCAT
A guillotine is pictured in its auction room in Nantes, western France, on March 25, 2014. The guillotine will be auctioned on March 27, 2014 and could be sold for a price between 40.000 and 60.000 euros. AFP PHOTO / DAMIEN MEYER

 »La Commission Militaire siégeait dans une maison de Pierre Vaugiraud de Rosnay, cette maison existe toujours et se trouve à l’angle de la rue Béhic et de la rue du Maréchal Leclerc.

Les séances de la Commission Militaire étaient publiques et se tenaient dans l’ancien salon du comte de Vaugiraud. Les prisonniers étaient conduits après le jugement dans la prison du Minage, dont la sortie donnait sur la route menant à la guillotine, située sur la plage. » (A.D de la Vendée Noms commençant par Gu-L1590 vue 275/300). 

« Le premier Germinal  de l’an deux de la République Française, devant Charles Sané, Officier Public de cette commune canton et district des Sables, département de la Vendée, nommé en exécution de la loi, étant au lieu des séances de la commune, s’est présenté le citoyen Tireau, secrétaire de la Commission Militaire établie en cette commune, lequel nous a déclaré que le vingt sept Ventôse à midy,

Louis Méchine dit de Gravières, chirurgien, de la commune de Coex, de ce district des Sables, âgé de cinquante cinq ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la dite Commission. »

 

Louis Méchine des Gravières est né le 8 février 1742 à Restigné près de Bourgueil (vue n°4/17 année 1742 – Restigné). Il est le fils de Henri-René-Martin Méchine des Gravières, bourgeois et de Françoise Madeleine Bénuseau-Benuzeau.

Il est venu exercer son métier de chirurgien en Vendée où il épouse en premières noces, à Beaulieu-sous-la-Roche, le 18 juillet 1769 Marie-Aimée Ferré (vue n°313/317- année 1769). Devenu veuf, il épouse le 3 novembre 1789 à La Chapelle-Hermier, Henriette-Rose Poux (vue n°139/140 – année 1789).

 

« Que le vingt huit de Ventôse à midy :

 

Pierre Guilloton, laboureur, de la commune d’Aizenay, district de la Roche-sur-Yon, âgé de soixante dix ans, a été exécuté, condamné à mort par jugement de la dite Commission. »

 

Pierre Guilloton est né le 8 novembre 1731 à Beaulieu-sous-la-Roche et a été baptisé le lendemain à Aizenay, il est le fils de Pierre Guilloton et de Marie Tallier (Aizenay BMS 1737-1753 vue 586/88). Il se marie le 17 janvier 1753 à Aizenay. Avec Jeanne Guilbaud, fille d’Etienne Guilbaud et de Suzanne Piquart (vue n°316/331 Aizenay).

Il a été condamné à mort pour avoir nourri et logé pendant une nuit Jean-Baptiste Joly, commandant de la Division des Sables, avoir pillé du vin et avoir voulu mettre en prison un patriote. La Commission a prononcé la confiscation de ses biens au profit de la République.

 

« Que le vingt huit ventôse à midy :

 

Jacques Vrignon, tisserand et procureur de la commune de la Chapelle Achard, âgé de cinquante huit ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la dite Commission.»

 

Jacques Vrignon est né le 24 mars 1738 à Grosbreuil (vue 204/251). Il est le fils de Jacques Vrignon tisserand et de Jacquette Rouleau. Il épouse le 22 juin 1762 (vue n°35/304) à Grosbreuil, Marie Garsaud, fille de François Garsaud-Garceau et de Marguerite Geay.  

 

« Que ce jour à midy,

 

Louis-Charles Gazeau dit Boissière, ci-devant noble et Brigadier des Armées du ci-devant Roy, demeurant à la Blatonière, commune de Grosbreuil de ce district des Sables, âgé de plus de quatre vingt ans, a été exécuté, condamné à mort par jugement de la dite Commission.

Desquelles exécutions, nous avons rédigé acte en présence dudit citoyen Tireau, qui a dit n’avoir aucun autre renseignement sur les dits décédés et a signé.

 

Signé Fané Officier Public et Tireau. »

 

Louis-Charles Gazeau de la Boissière – Chevalier, Marquis de la Boissière, seigneur de Grosbreuil… On a traîné ce vénérable vieillard paralysé, dans un fauteuil, avant de le fusiller, et là, je vous oriente vers l’excellent article de la Maraîchine Normande du 18 novembre 2016.

 

 

Sources : 

 

Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Les documents consultés ont été référencé dans le billet.

Acte de décès : (vue 86/97 les Sables d’Olonne – 16 germinal de l’an 2).

Archives départementales d’Indre et Loire, tous droits réservés, état civil de la commune de Restigné.

Louis-Charles Gazeau de la Boissière – la Maraîchine Normande du 18 novembre 2016.

Registres d’état civil des Sables-d’Olonne.

Photo: guillotine aux enchères à Nantes – Le Parisien du 25 mars 2014.

 

http://chemins-secrets.eklablog.com/4-executions-au-sables-en-mars-1794-a148797602

 

                                                

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13 octobre 2018, le Souvenir Vendéen à Machecoul (44270) et Fréligné (TOUVOIS-44650)

01 octobre 2018

13 octobre 2018, le Souvenir Vendéen à Machecoul et Fréligné

La journée d’automne du Souvenir Vendéen aura lieu le samedi 13 octobre 2018 à Machecoul le matin et à Fréligné (commune de Touvois) l’après-midi. Bien qu’il fût très impliqué dans la Grande Guerre de 93, ce territoire situé au sud du Pays de Retz n’a pas souvent été mis en lumière. Le programme de la visite raviva donc les amateurs d’histoire vendéenne, en particulier ceux qui sont attachés à la figure du chevalier de Charette.

Souvenir Vendeen

Cette journée soigneusement préparée par Daniel Garriou (1) et Pierre Gréau fera découvrir aux participants des lieux méconnus, certains privés, dans la ville de Machecoul – dont l’histoire ne se résume pas aux tristement célèbres massacres de mars-avril 1793 – et dans ses environs. Elle se prolongera à Fréligné, avec sa chapelle et son camp républicain, dont Charette s’empara le 15 septembre 1794.

Voici le programme de la journée :

  • 9h30 : Accueil sur le parking des Jardins de l’Europe (rue de Nantes)
    à Machecoul (Loire-Atlantique).
  • 10h00 : Messe dans la chapelle du Calvaire.
  • 11h00 : Promenade historique à travers les rues de Machecoul sous la houlette de Daniel Garriou.
  • 13h00 : Déjeuner à « La Marmite des Capucins »
    (réservation : voir ci-dessous).
  • 14h30 : Visite des alentours de Machecoul en car, puis départ en car pour Fréligné (histoire du camp de Fréligné conquis par Charette le 15 septembre 1794, visite de la chapelle de Fréligné).
  • 16h30 : Verre de l’amitié à Fréligné, puis retour en car à Machecoul.

Participation au déjeuner: 25 € par personne
(sur réservationsouvenirvendeen@laposte.net)
Transport par car pour la journée (optionnel) : 5 € par personne

La journée est ouverte à tous, adhérents et amis du Souvenir Vendéen.

Téléchargez le bulletin d’inscription : Souvenir Vendeen 13 octobre 2018


Localisation de Machecoul et Fréligné (cliquez sur la carte pour l’agrandir) :

Carte


(1) Les lecteurs de la Revue du Souvenir Vendéen trouveront dans cette visite des lieux et des personnages cités par Daniel Garriou dans ses articles :

  • Daniel Garriou, La mémoire conservée du combat de Fréligné (15 septembre 1794), Revue du Souvenir Vendéen n°273 (décembre 2015), pp. 2-16.
  • Daniel Garriou, Étienne Gaschignard ou comment la ville de Machecoul est-elle devenue révolutionnaire ? 1re partie, Revue du Souvenir Vendéen n°279 (été 2017), pp. 15-36 ; 2e partie, Revue du Souvenir Vendéen n°280 (automne 2017), pp. 2-20.
  • Daniel Garriou, « De la bouillie pour les chats… » ou l’élimination de M. de La Bauche, curé de la Trinité de Machecoul, 1re partie, Revue du Souvenir Vendéen n°283 (été 2017), pp. 22-38 ; 2e partie, Revue du Souvenir Vendéen n°284 (automne 2017).

http://www.vendeensetchouans.com/archives/2018/10/01/36749662.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=guerredevendee

La Révolution française (Constituante). Donner la mort par suffocation.

Idée d’un expédient pour donner publiquement la mort aux criminels sans répandre de sang, et remplir les rües de modération.

Élever une estrade ou échafaud à 6 ou 7 pieds de terre, qui seroit de 7 à 8 pieds en carré, traversé par une pièce de bois solidement fixé en terre, et qui s’élèveroit encore de 7 pieds au dessus de l’estrade.

Le serviteur de la mort ÿ attacheroit le condamné par le col, les pieds et les mains derrière le dos, et revetiroit ou enfermeroit le tout d’une espèce de guéritte carré de 3 pieds, garnie de vitres dans les quatre faces et surmonté d’une calotte ou chapiteau, le tout joignant exactement dans touttes ses parties.

On ménagera sous l’estrade une baze pour ÿ placer un brazier qu’on surchargera au signal de charbon noir non allumé avec du souffre et autres matières de nature à suffocquer, qui pourra communiquer, par un espèce d’entonnoir renversé, dans la guéritte, de façon à ce que le condamné soit suffocqué et expire à l’instant, on s’appercevra à travers les vitres, nonobstant l’épaisseur de la fumé, de la mort par suffocquation. Le tourment sera subit et l’apareil réduit à peu d’instant, les horreurs seront dérobés, et la justice sera faitte promptement, on dévelopera le cadavre de la guérite, et restra un quart d’heure aux ÿeux du public, et de suitte porté dans le champ du someil, il y a un cimetière non loin transporté hors d’une de nos villes au dessus du portail duquel on mis « Ager Somni » (NDLRB. Champ du sommeil)

Si l’écrivain soumis à tracer cette idé pour donner la mort, a l’occasion de glisser cet avis avec il prouvera à l’assemblé qu’il répugne à se pretter à l’anonisme.

Le projet de M. Guillotin aÿant été éloigné, crainte que son nom se perpétuat par un instrument patibulaire, peut être les frères Clerjon de Villefranche et de Lÿon ont pour cela exigé, que cette idé fut meme privé de datte, ou peut être ils ont craint par attachement respectueux pour l’église, qu’on confondit Clergeon avec Clerjon, et que dans ces circonstances on n’appelle la guéritte une Clerjon.

GIRARDET.

gIRARDET 3

 

Source : Document conservé au Centre historique des Archives nationales, Paris – AA55, dossier 1513.

Crimino Corpus – Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines.

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le château du Général de Bonchamps fait recette lors des journées du patrimoine 2018

1.600 visiteurs au château du général de Bonchamps !

Le journal Ouest-France a dressé aujourd’hui le bilan des Journées du Patrimoine au château de la Baronnière, à La Chapelle-Saint-Florent. Un bilan plus que flatteur avec plus de 1.600 visiteurs sur ce site majeur des Guerres de Vendée.

OF_21092018Ouest-France, édition de Cholet, vendredi 21 septembre 2018 

« Sur les deux jours du week-end, nous avons enregistré la venue de plus de 1.600 personnes désireuses de faire plus ample connaissance avec le château, le parc et les jardins », a expliqué Anne du Boucheron. La famille du Boucheron est propriétaire du château de la Baronnière depuis 1801.

Sur place, toute la famille du Boucheron s’était mobilisée pour assurer le meilleur accueil aux visiteurs, et pour faire découvrir les lieux de la mémoire du général de Bonchamps, blessé mortellement le 17 octobre 1793, lors de la bataille de Cholet.

Reconstitution historique de l’appel de Bonchamps

Les visiteurs se sont pressés pour découvrir la chapelle, de style néogothique, construite en 1842 ; la cour carrée, un bel ensemble d’habitations du XVIIe siècle et de dépendances ; le château de style néogothique, construit de 1852 à 1856, qui a fait l’objet d’importantes restaurations depuis 2009, et bien sûr, le jardin potager, un espace de plus de 3.000 m2 qu’Anne du Boucheron cultive jalousement, sans pesticides, pour l’ouvrir deux fois par an aux jardiniers amateurs.

C’est pourtant, sûrement, la reconstitution historique de l’appel de Bonchamps, par les habitants du territoire en mars 1793, pour diriger le mouvement de la Vendée militaire, qui a, semble-t-il, le plus impressionné les visiteurs de ces deux Journées du Patrimoine. Le groupe des Cœurs de Chouans, féru de reconstitutions vendéennes, a ainsi joué quatre fois la même scène, devant un public médusé par ces coups de feu entre les Vendéens et les Bleus républicains.

Bonchamps, blessé à mort à seulement 33 ans, a demandé alors la libération des prisonniers républicains de l’abbaye de Saint-Florent-le-Vieil… Un geste de grâce qui lui valut la reconnaissance du sculpteur David d’Angers, pour être immortalisé en une sculpture remarquable, qui orne son tombeau en l’église abbatiale de Saint-Florent. Un tombeau et une sculpture qui, justement, en ce dimanche, ont reçu énormément de visiteurs, tout comme les autres sites patrimoniaux de cité, la Maison Gracq, la colonne de duchesse d’Angoulême, ou encore ferme des Coteaux.

La Révolution française ( Convention) saisie du projet d’une machine à étrangler

Une lettre adressée à l’Assemblée nationale sur un projet de machine à étrangler, signée Thomas, maître de pension, 5 mars 1792.

Aux Représentants de la Nation
Monsieur le Président et Messieurs

Je n’ai appris qu’hier fort tard qu’il se prépare pour demain mardi une exécution sanglante, d’après une loi du nouveau code pénal, et pour laquelle l’exécuteur légal annonce de l’inexpérience. Je consacre donc les premiers instants de ce jour à vous suplier au nom sacré de l’humanité de suspendre quelques instants le bras de la justice, et de prendre, avant de fraper sa victime, la présente adresse en considération.

On frémit encore longtemps après au souvenir de certains suplices dont a seulement entendu le récit, qu’est-ce donc d’en être témoin ? Je crois donc absolument aussi impolitique que révoltant d’en soumettre le spectacle aux yeux d’un peuple doux et du François régénéré. Quelques détails que je pourois vous en faire vous seroient à coup sûr insuportables : j’épargne votre délicatesse, Messieurs, et je me hâte de passer au nouveau mode d’exécution à mort que je croirois utile d’établir définitivement.

Un échafaud solide sur le devant duquel seroit un fauteuil en fois fort, fixé en dessous par ses quatre pieds avec de bons écroux ; derrière ce siège, et vers le milieu du dossier, un poteau enfoncé en terre à travers les planches de l’échafaud, et percé de trous à différentes hauteurs pour y passer une corde. Le patient conduit au lieu du suplice seroit assis dans ce siège, où des liens convenables lui arrêteroient séparément les mains, les piés, les coudes, et le milieu du corps : une corde passée à son cou et par un des trous du poteau répondroit à un moulinet qui y seroit attaché par derrière : au dessus du trou et en devant seroit un voile tenu par un anneau, et retroussé par une agraffe.

Le criminel ainsi placé pouroit facilement parler au peuple, à son confesseur, ou à tout autre. Au signal convenu pour le moment du suplice, un des exécuteurs lui feroit tomber sur le corps jusqu’à la ceinture le voile suspendu, tandis qu’un autre tournant le moulinet, et l’arrêtant au point nécessaire avec un fort ressort, laisseroit le patient dans un état constant de suffocation pendant une heure au moins.

Par ce procédé, il ne pouroit faire que quelques mouvements excités par les convulsions de la mort ; la vie de l’exécuteur lui-même ne courroit aucun risque ; on ne verroit rien de hideux ; ni sang versé, ni un homme secouant indécemment en l’air une femme suspendue ; les ci-devant Grands ne seroient point ravalés au suplice jadis infamant de la potence, ni le prétendu Bas-Peuple élevé à l’honneur de la décollation : la plus sage et la plus juste égalité se trouveroit invariablement établie, et la plus exacte décence conservée : on ne craindroit plus enfin d’entendre, comme autrefois parmi les spectateurs, de ces cris d’horreur effrayants, qu’arrachoient involontairement des moins sensibles l’apareil affreux des suplices, et chacun ne se retireroit de cet affligeant spectacle qu’en poussant des soupirs profonds, mais calmes, sur le malheur volontaire du coupable, et la juste sévérité de la loi.

La couleur même du voile à rabattre sur le patient pouroit indiquer jusqu’à un certain point la nature de son crime, en destinant la rouge aux traîtres à la Patrie et aux parricides, la violette aux incendiaires et aux assassins ordinaires, et la noire à touts les autres criminels.

J’ose soumettre avec la plus grande confiance, Messieurs, à votre sagesse et à votre humanité le présent exposé, en vous demandant grâce pour les détails répugnants qu’il exige, et vous conjurant instament de nouveau de daigner l’honorer de votre favorable attention.

Je suis avec le plus profond respect
Monsieur le Président et Messieurs
Votre très humble et très dévoué serviteur.

THOMAS
Maître de Pension et Citoyen soldat.
Paris, 5 mars 1792.

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THOMAS SIGNATURE Z

 

Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein, né le 30 août 1772, tué le 28 janvier 1794, à Nuaillé.

Marc Anguissola Di Podenzano
30 août, 11:15
In Mémoriam….


Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein, nait le 30 août 1772, à la Durbelière (79700), en Poitou et est tué le 28 janvier 1794, à Nuaillé (49340) . Il est l’un des chefs de la Grande Armée Royale Catholique.
Il fait ses études à l’école militaire de Sorèze. Quand la révolution française commence, il a seize ans, et ne suit pas sa famille dans l’émigration. Il a l’honneur de servir le Trône dans la Garde Suisse de la maison du Roi Louis XVI où il est appelé en 1791. Lors de l’assaut du Palais des Tuileries par les révolutionnaires, il combat pour défendre le Roi, en tant que Deuxième Lieutenant de la Garde, le 10 août 1792.
En mars 1793, il accepte de participer au soulèvement de la Vendée et devient un des chefs de l’armée vendéenne. La Rochejaquelein prononce alors cette courte harangue :
« Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. J’ai d’ailleurs contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. Allons chercher l’ennemi: si j’avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi. »
La prise de Saumur, sous ses ordres, est l’exploit le plus étonnant des Vendéens. En cinq jours de combats, ils font plus de 12 000 prisonniers, prennent de nombreuses pièces de canon, des munitions considérables et le chef républicain de la Loire….

Permanence du Sacré-Coeur vendéen dans l’histoire de France

Chers Amis Coeurs Croisés, voici des textes à lire pour se préparer au pèlerinage du 2 Septembre à Loublande (79700)


À Louis XIV, Poincaré et Consorts…

À la suite de la mort survenue à Loublande( 79700- MAULEON)  , le 29 janvier 1972, de Claire FERCHAUD (Sœur Claire de Jésus Crucifié), la presse a reproduit le texte de la lettre qu’elle adressait le 7 mai 1917 à 14 généraux d’armée (Cf. “Défense du Foyer” n° 131, p. 85).

En 1917, la France, trahie de l’intérieur, était au bord de la défaite et de la révolution(2). Dans toutes les églises et chapelles, matin et soir, les catholiques priaient, récitaient le rosaire, imploraient le Sacré-Cœur. Par millions, au front comme à l’arrière, civils et militaires, femmes et enfants portaient sur la poitrine la cocarde tricolore avec l’insigne du Sacré-Cœur selon la demande faite par Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie le 17 juin 1689 et renouvelée en 1917 à sa jeune messagère Claire Ferchaud.

Celle-ci, le 1er janvier 1917 adressait au Président de la République, Raymond Poincaré, une lettre lui faisant part du message qui, sur l’ordre de Dieu, devait lui être transmis(3). Des détails intimes, connus seulement du Président accréditaient le caractère divin de l’avertissement.

Ce message peut se résumer en une double demande :

1) La conversion du Président de la République.

2) L’apposition du Sacré-Cœur sur le drapeau national.

Cette lettre fut remise au Président le 16 janvier 1917. En voici le texte :

Monsieur le Président,

Une humble fille du Poitou vient de recevoir du Ciel une mission qui fait frémir sa nature bien timide, mais qui, en but du salut de notre cher pays, ne peut reculer devant aucun sacrifice. J’ai donc l’honneur de m’adresser au chef premier de la nation française. C’est à vous, Monsieur le Président, que Dieu m’envoie. Le mot Dieu doit vous rappeler quelques souvenirs de notre sainte religion. Ce Dieu qui est chassé de notre pauvre France par la Franc-Maçonnerie, persécuté de toutes façons, est cependant jaloux de posséder ce pays qui est appelé la Fille ainée de l’Église.

Monsieur, veuillez s’il vous plaît me prêter votre attention. Ce que j’ai à vous dire n’est pas invention de ma part. La chose est grave pour vous d’abord, ensuite pour l’avenir de la France. C’est de la bouche divine du Dieu du Ciel que j’ai reçu l’ordre de vous transmettre le désir exprès de Jésus. Que la Très Sainte Vierge Marie vous assiste. Que Dieu vous donne sa lumière, Monsieur. De vous dépend le salut ou la mort de notre pays.

Vous aurez le salut d’abord, si vous renoncez à cette vie de luttes contre la religion. Vous êtes le chef, vous avez en main la clef du Gouvernement. Il vous appartient donc d’aller dans le droit chemin qui est la civilisation chrétienne, source de toute morale. Vous devez montrer le bon exemple en combattant contre la Franc-Maçonnerie.

La guerre est un châtiment du Ciel. Dieu n’a plus place en France. Lui seul est le Souverain Maître de tout ce qui existe. Un jour viendra où Il fera éclater sa puissance et tous ces préjugés de ces savants de l’heure actuelle tomberont en cendres comme un feu de paille. Officiellement, vous devez donc adorer le Seigneur votre Dieu, vous le reconnaîtrez sans lâcheté, sans respect humain.

En second lieu, et c’est là le but de ma mission, Jésus veut sauver la France et les Alliés, et c’est par vous, Monsieur le Président, que le Ciel veut agir, si vous êtes docile à la voix divine.

Il y a des siècles déjà, le Sacré-Cœur avait dit à sainte Marguerite-Marie : « Je désire que mon Cœur soit peint sur le drapeau national, et Je les rendrai victorieux de tous leurs ennemis ». Dieu semble avoir dit ces paroles pour nos temps actuels. L’heure est arrivée où son Cœur doit régner malgré tous les obstacles. Ce Cœur Sacré, j’ai eu la grâce d’en contempler la face adorable. Jésus m’a montré son Cœur broyé par l’infidélité des hommes. Une large plaie divise son Cœur. Et de cette plaie profonde, Jésus m’a dit : « C’est la France qui me l’a faite ». Cependant, malgré les coups dont le Cœur de Jésus est martyrisé, il s’avance vers vous, M. le Président, en offrant sa miséricorde. À plusieurs reprises différentes, entre autres le 28 du mois de novembre 1916, Jésus, dans une lumière spéciale, me fit voir M. le Président, l’âme fortement travaillée par la grâce d’abord à demi écoutant Dieu et votre conscience. Il m’a semblé voir Dieu vous adressant ces paroles « Raymond, Raymond, pourquoi me persécutes-tu ? » À cette voix, vous avez tressailli ; puis la grâce étant plus forte que vos passions, vous êtes tombé à genoux, l’âme angoissée et vous avez dit : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?… »

Plusieurs fois, pendant l’auguste mystère de la sainte Messe, Jésus aspergea votre personne de son sang divin, signe de la miséricorde que son Cœur vous offre. Monsieur, voici les paroles sacrées que j’ai entendues de la bouche même de Notre-Seigneur : « Va dire au chef qui gouverne la France de se rendre à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre avec les rois des nations alliées. Là, solennellement, les drapeaux de chaque nation seront bénits, puis le Président devra épingler l’image de mon Cœur sur chacun des étendards présents. Ensuite, M. Poincaré et tous les rois alliés à la tête de leur pays, ordonneront officiellement que le Sacré-Cœur soit peint sur tous les drapeaux de chaque régiment français et allié. Tous les soldats devront être recouverts de cet insigne de salut ». D’accord, ensemble, la France et les alliés, le même jour, à la même heure, s’élanceront à l’assaut, munis de leurs insignes. L’ennemi prendra la fuite et ils seront repoussés au-delà de la frontière avec de grosses pertes. En peu de jours le Sacré-Cœur nous rendra victorieux. La France et les alliés ne seront vainqueurs que par le Sacré-Cœur. La paix signée solennellement, la France et les pays alliés reconnaissants viendront, sous la présidence en tête de M. Poincaré et tous les rois alliés, consacrer à Montmartre la France et les autres nations au divin Cœur de Jésus. Une consécration sera faite à Marie Immaculée, Mère de Dieu, et on devra faire vœu d’ériger un temple national en son honneur.

Voici les ordres de Dieu. Si vous refusez d’accomplir les lois divines, dans peu de temps vous serez renversé de votre place. De grands malheurs vous menacent. La France et son chef sera écrasée. Le feu du Ciel est annoncé pour la réduire en cendres. Ce serait déjà fait, Monsieur. Je rappelle à votre souvenir votre pieuse mère, décédée il y a quelques années. Sans elle, oui, vous seriez maintenant couché dans la tombe, et hélas ! votre âme, où serait-elle ? – Je l’ai vue dans les gloires du Ciel, parmi les saintes de Dieu, se distinguant par sa tristesse profonde. Pendant cette vision, elle pleurait, Jésus pleurait aussi, mais ses larmes étaient de sang. Votre mère suppliait Dieu de vous faire grâce encore ; alors, à sa demande, Jésus lui donna un délai. Le sang de Jésus et les larmes de votre mère se mêlèrent, et, mystiquement, se répandirent sur vous. Puis, cette mère que vous avez pleurée me montra son fils, ce cher Raymond, au jour de sa première communion, beau comme les anges du Ciel, embaumé de cette présence du premier baiser de Jésus à son âme. Le Ciel et la terre étaient en fête devant ce spectacle.

Mais hélas avec les années qui se sont succédé, les compagnies fausses et dangereuses ont été l’objet de votre recherche et, par ce chemin, vous êtes devenu ce que vous êtes à l’heure présente. Votre mère pleurait toujours. Elle me donna un regard de supplication et me dit « Va, va sauver mon fils, je suis sa mère ! » Monsieur, ne serez-vous pas touché quand je vous rappelle le souvenir de votre mère ? Votre cœur serait-il d’airain pour ne pas être attendri à la voix suppliante d’une mère qui, même dans la gloire du Ciel, pleure sur son fils égaré !

Monsieur, je vous l’ai dit : « De vous dépend le salut de tous. Vous avez sur vos épaules tout le poids du Gouvernement. N’entendez-vous pas aussi toutes les voix de ces glorieuses victimes tombées au champ d’honneur : ce sang pur de ces prêtres martyrs, tombés aux postes de leur dévouement ? Ah ! les prêtres, n’ont-ils pas été les premiers prêts à se ranger parmi nos soldats, les entraînant à la lutte pour Dieu et pour la France ? – En père que vous devriez être pour vos enfants de France, ne serait-ce pas votre devoir de les soutenir, au lieu de les laisser bafouer et insulter de toutes façons.

Le sang des enfants de France est comme un cri qui s’élève vers vous. Ces voix retentissent plus fortement que le bourdonnement du canon qui gronde sur le front. Ces voix, je les entends vous dire : « Raymond, chef de la nation française, si tu veux obtenir la victoire, reviens à ton Dieu ». Ces paroles ne sont-elles pas plus pénétrantes que la voix des impies qui persécutent la religion ? La main de Dieu est levée ; sa puissance va donner pour une dernière fois, un dernier avertissement du Ciel. Monsieur le Président, vous êtes perdu si vous persistez dans les erreurs qui empoisonnent votre vie. Ah ! je frémis ! Pauvre France ! D’elle, nous n’aurons plus que le souvenir.

Claire de Jésus Crucifié

Cette lettre avait été remise, le 16 janvier au Président Poincaré par son secrétaire M. Sainsère.

Dès le 18, Notre-Seigneur révéla à Claire ce qui suit :

« Avant-hier, Jésus me représenta (le Président) avec une certaine colère sur son visage. Je le voyais irrité…, mais heureusement le Président cédait à ses impressions, seul avec lui-même. Je l’ai vu peu à peu se radoucir, puis il rentra en lui-même et il relit ma lettre. Il se cache le visage dans ses mains. Il soupire, il regarde le portrait de sa mère, il la prie, il dit : « Mon Dieu ! » et il pleure. Le Ciel le regarde. Ah ! le Ciel en face de sa personne ! Rien ne peut résister devant la puissance divine ! Le Président voudrait me voir, m’entendre, mais il n’ose confier ce désir. L’orgueil est là, mais la grâce fait son œuvre petit à petit. Jésus veut arriver à son but. »

Une deuxième lettre fut écrite par Claire au Président, et remise au député de Baudry d’Asson. On pense que cette lettre ne fut pas remise au Président Poincaré mais commentée verbalement.

Quoi qu’il en soit, c’est un fait que le Président Poincaré, impressionné et troublé par les faits et les précisions personnelles contenues dans ces messages, recevait Claire Ferchaud à l’Élysée le 21 mars.

Voici le compte-rendu de cette visite, tel qu’il fut rédigé par Claire elle-même :

Je commence en disant : « Je vous demande bien pardon, Monsieur le Président, de vous déranger ». Sitôt, il reprend : « Mais je suis content de vous recevoir. C’est le député M. de Baudry d’Asson qui m’avait demandé l’audience ». Aussitôt je lui dis : « Me permettez-vous, M. le Président, de vous exposer le but qui m’amène ici ? » Il fit un petit signe de tête et dit : « Faites-le, je vous écoute ».

Je continue : « Vous souvenez-vous d’une lettre que je me suis permise de vous écrire et que vous avez dû recevoir il y a quelques semaines ? »

Il me répond : « Je l’ai bien reçue ».

Alors je continue : « Eh bien ! c’est le même sujet qui me ramène aujourd’hui, et c’est Dieu qui m’envoie pour vous faire connaitre ses volontés, à vous, M. le Président. Le Sacré-Cœur s’adresse à vous. Il veut que la France officielle reconnaisse Dieu pour Maître, et il veut pour nos temps actuels, que son Cœur soit peint sur nos couleurs nationales, et c’est du Chef d’État qu’il attend cet hommage ».

Le Président m’écoutait attentivement ; il dit : « Oui, mais moi je ne peux pas le faire. Les lois qui ont été votées, je ne peux pas les refaire, à moins que la Chambre change, et je ne le crois pas ».

Alors je lui dis : « Eh bien ! pourquoi ne leur feriez-vous pas vous-même ma proposition ? Vous êtes le Chef de tout, et Dieu attend de vous cet acte pour vous en bénir ».

Alors je le vois un peu embarrassé, et il me dit : « Mais on ne peut pas défaire des lois qui ont été faites, et on ne peut pas modifier quoi que ce soit sur le drapeau national ».

Je lui dis : « Monsieur le Président, il n’y a aucune modification à mettre un emblème religieux sur l’étendard français, puisque c’est le désir de Dieu, et je vous dis de sa part que la France ne sera sauvée que par le règne de son Cœur, et ce règne, Il le veut solidement établi dans la France officielle ».

Le Président dit : « Pourquoi ce signe et non pas un autre » ?

Alors je lui représente nos gloires d’autrefois par l’intervention divine, puis je lui mets devant les yeux le signe de la Croix qui illumina l’empereur Constantin, et maintenant c’est un nouveau signe qui est le Sacré-Cœur. J’ajoutais que la guerre ne se terminerait que lorsque le Sacré-Cœur serait peint sur nos drapeaux.

Alors il me dit : « Mais dans les guerres passées, il y a eu bien des victoires sans que le Sacré-Cœur soit ainsi sur les drapeaux ».

Alors je réponds : « Dieu intervient à son heure, et Il a réservé à nos temps actuels l’honneur d’être gravé sur nos drapeaux par la France convertie… ». Alors, poussée par une inspiration, je continuais : « Dieu n’a plus de place en France, la religion est persécutée, on ne veut plus d’emblèmes religieux ».

– Mais si vous portez bien la Croix, vous, personne ne vous en empêche.

– On défend à nos soldats de porter ostensiblement le fanion du Sacré-Cœur, pourquoi ne pas leur laisser la liberté ?

– L’uniforme doit rester net, et si on permet aux catholiques de le porter, il y a des protestants qui, eux aussi, mettront des images à leur façon ; d’ailleurs il y a des soldats dans les hôpitaux qui ont le Sacré-Cœur sur eux, personne ne les en empêche.

– Oh ! M. le Président, ils ont été combattus ; ceux qui portent le Sacré-Cœur l’ont sous leurs capotes, et le Gouvernement a défendu de le faire paraître… Pourquoi persécuter la religion ? Dieu est le Maître. Il aime la France, la France ne périra pas malgré toutes les oppositions.

– Mais croyez bien que nous ne défendons pas de prier, nous laissons libres. Beaucoup de personnes prient pour la France, c’est très bien.

Et il ajoute : « il s’est dit des messes pour nos morts de la guerre ; j’y ai assisté, et quand je ne peux y aller moi-même, je me fais remplacer. Nous n’avons jamais empêché les messes de se dire ».

J’ai répondu : « Bien, je vous félicite, Dieu vous aime, mais Il veut encore plus, et c’est à vous qu’Il s’adresse, c’est de vous que Dieu demande l’acte officiel permettant que le Sacré-Cœur soit peint sur le drapeau national ».

Le Président reprend : « Mais je ne peux pas ; je dois pour cela soumettre le cas à la Chambre, mais ce sera rejeté ».

Je lui réponds : « Eh bien ! soumettez le projet ».

Le Président fait silence, il semble réfléchir ; puis il dit « Je ne crois pas que l’on vous écoute ».

– Eh bien, vous pouvez essayer, puisque c’est le désir de Dieu.

– Eh bien, soit ! J’ai retenu tout ce que vous m’avez dit, je vais le soumettre à la Chambre.

Puis le Président change de conversation et il dit : « Il y a longtemps que vous avez des révélations ? »

M. le Président, à ce sujet, permettez-moi de vous montrer ici une image faite sur le modèle du Sacré-Cœur où Il se révèle actuellement. Voici comment Il se montre à la France.

Le Président prend ses lorgnons et il dit : « Montrez ! »

CŒUR SACRÉ DE JÉSUS,

BROYÉ À CAUSE DE NOS PÉCHÉS

AYEZ PITIÉ DE NOUS

Je déploie l’image, je l’étends sur son bureau. Le Président la tient au bas, il la regarde et il lit l’inscription. Je lui explique pourquoi ce sang aux pieds, aux mains, et ce Cœur meurtri. Je lui fis voir la blessure profonde du Cœur de Jésus, faite par la France officielle et j’ajoute : « M. le Président, cette blessure ne sera refermée que lorsque vous aurez accompli les desseins du Sacré-Cœur ».

Le Président ne dit rien pendant qu’il regarde l’image… II veut la recouvrir du papier qui était à côté. J’allais la rouler, lorsqu’une force me pousse à enlever le papier une seconde fois, et je lui dis : « Regardez-la bien et priez-la si vous avez le courage ». Il ne dit rien, mais son regard regarde l’image. Je lui dis : « Voyez ces plaies, et cette main qui vous invite et semble dire : Viens à moi ! ».. Pas un mot. Ensuite je lui dis « Eh bien, si la majorité du peuple français demande le Sacré-Cœur sur le drapeau, leur refuserez-vous ? »

– Ah ! peut-être que non alors, on accepte toujours les pétitions.

– Alors, vous me promettez de ne pas y mettre obstacle, et vous allez proposer la chose à la Chambre.

– Oui, demain, je leur dirai ce que vous m’avez dit.

Je lui dis en peu de mots que Dieu était bon de vouloir le prévenir ; s’il ne se convertissait pas, que des châtiments lui étaient réservés. Il m’écoute et il dit : « Eh ! vous, qui êtes une bonne catholique, priez toujours, je ne vous le défends pas ».

Il ajoute : « Et vous êtes venue à Paris exprès pour me dire cela ? » – Oui, M. le Président, chaque jour, j’ai été prier le Sacré-Cœur à Montmartre pour la France et pour vous. Je prie Dieu de vous éclairer de sa grâce. J’aime la France, et c’est pour son honneur et son droit que Dieu m’envoie accomplir près de vous cette mission.

Le Président ensuite me demande d’où je suis : il paraissait bien ne pas l’ignorer. Je lui ai dit : « Je suis Poitevine et sur les bords de la Vendée ».

– Vous êtes d’une famille honorable ; vous avez quelqu’un à la guerre ?

– J’ai deux frères : l’un prisonnier, et l’autre sur le front.

– Allez-vous retourner dans votre famille ?

– Est-ce que vous désirez que je reste à Paris, M. le Président ?

– Non, vous pouvez retourner maintenant, vous avez fait votre devoir en noble Française.

– Et vous, M. le Président, vous tiendrez votre parole de n’être pas un obstacle à l’œuvre du Sacré-Cœur ?

– Et Dieu m’aimera encore davantage ?

– Oh ! oui, et beaucoup plus.

L’audience était terminée, elle avait duré 20 minutes.

En sortant, Claire put dire au Marquis de Baudry d’Asson :

« J’ai tout osé dire ; j’en suis bien heureuse. Le Président a été bien aimable ».

Ce n’était pas suffisant. M. Poincaré n’eut pas le courage de tenir parole ; c’est ce qui occasionna la seconde lettre de Claire :

1er mai 1917

Monsieur le Président,

Envoyée par le bon Dieu, j’ai l’honneur de faire sa petite commissionnaire près du Chef de l’État qui, malgré les appels réitérés de la grâce divine, ferme les oreilles à cette voix qui se fait entendre dans le fond de son âme.

Monsieur le Président, quand j’ai eu l’honneur d’être introduite à votre bureau, nous avons discuté sur le devoir que la France a envers Dieu, en accomplissant les désirs de son Cœur, en gravant sur les trois couleurs nationales l’emblème religieux que vous connaissez. Vous m’aviez promis de proposer à la Chambre ce que, de la part du Ciel, j’étais venue vous faire connaître. Avez-vous accompli votre promesse que je vous fis répéter par trois fois ? J’en doute beaucoup ; même n’auriez-vous pas ri de cette proposition après mon départ ? Dieu a été témoin de l’entrevue ; Il a entendu vos réponses à ses demandes que j’ai eu l’honneur de vous faire connaître. Serez-vous franc devant Dieu et devant la simplicité d’une humble fille qui n’a en vue que le salut de sa chère France. Vous avez peur des moqueries qui accompagneront vos déclarations ; vous avez peur des hommes qui ne sont que des lâches et des poltrons, et vous n’avez pas peur de Dieu qui a son éternité pour punir.

Monsieur le Président, croyez que ce n’est pas pour rire que le bon Dieu se met en peine de s’abaisser jusqu’à sa pauvre créature si ingrate et de lui commander de revenir à la pratique du devoir, si elle ne veut pas attirer sur elle les châtiments de la colère divine.

Nous sommes à une heure très grave. Vous êtes, Monsieur le Président, à la tête de cette nation française si aimée du Christ et si coupable dans ses lois, la France qui est appelée la Fille aînée de l’Église et qui est la seule qui n’est pas représentée devant le Souverain Pontife.

La France, royaume de prédilection, l’aimez-vous véritablement ? Vous êtes Français, l’êtes-vous par le cœur ? Ah ! pauvre France qui baigne dans le sang de ses enfants et dont le cœur va être étouffé par d’ignobles mains criminelles qui prétendent la ruiner par d’infâmes trahisons. La Franc-Maçonnerie veut la perte de la religion catholique ; elle veut sa perte à tout point de vue. Mais, du haut du Ciel, le Sacré-Cœur veille sur son royaume ; Il prend en pitié l’innocence de tant de généreuses victimes qui ont versé leur sang pour la Patrie. Puisse-t-elle être enfin délivrée des ennemis, de l’envahisseur teuton et aussi des B… de l’intérieur, qui pervertissent notre cher pays.

Monsieur le Président, je ne dois pas accomplir à demi la mission que Dieu me confie. Son Cœur est profondément triste. Le jour du 16 mars 1917, Il me dit : « La France me tue ; mais malheur à ceux qui ne se convertiront pas ! ». Puis sa voix devenue plus grave, Il parle fort et Jésus dit : « Le peuple de France est à deux doigts de sa perte. Le traître vit au cœur de la France. C’est la Franc-Maçonnerie qui, pour obtenir la perte éternelle de ce pays, d’accord avec l’Allemagne, a engendré cette guerre. Les trahisons se poursuivent, et si quelqu’un pouvait pénétrer à l’intérieur de plusieurs cabines, il y découvrirait les pièges ». Dieu ajoute : « Sans moi, la France serait perdue ; mais mon amour qui veut la vie de cette France, arrête le fil électrique qui communique à l’ennemi le secret de la France. La Franc-Maçonnerie sera vaincue, de terribles châtiments fondront sur elle. Mais je demande au brave petit soldat de France, jusqu’aux généraux qui sont aux armées, de déployer le drapeau du Sacré-Cœur, malgré la défense formelle qu’on fera autour d’eux ; et que tous, généraux, officiers et simples soldats, aillent de l’avant ! Je leur promets la victoire ! La secte franc-maçonnique, le gouvernement actuel seront châtiés ; on découvrira tous leurs engins ; plusieurs seront mis à mort ».

Et là, Notre-Seigneur me fit voir la France régénérée dans la foi, et Il dit : « Oh ! la France, comme elle sera belle un jour ! Non, Satan aura beau faire, jamais la France ne lui appartiendra ! »

À vous, Monsieur le Président, de tomber à genoux et de demander pardon à Dieu, toujours plein d’amour et de miséricorde.

Que la France soit enfin délivrée par le règne du Sacré-Cœur, malgré la rage de Satan et de ses suppôts.

« Vive le Christ qui aime les Francs ! »

J’ai l’honneur de vous saluer avec respect.

Claire de Jésus Crucifié

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Notes :

(1) “Défense du Foyer”, n. 134, mai 1972.

(2)  Sans l’intervention providentielle, la France aurait connu en 1917 le sort de la Russie livrée à la Révolution.

(3)  Cet ordre de Notre-Seigneur se manifesta spécialement les 26 novembre et 16 décembre 1916 :

“Les temps sont mauvais sur la terre ; les cœurs sont broyés parfois, mais même sans l’épreuve, on continue à m’outrager. Le mal se rallume dans les âmes, et c’est la France qui ouvre dans mon Cœur cette blessure d’où s’échappent des flots de sang. Je veux tenter un dernier effort; mon amour surpasse toute mesure : J’aime tant la France ; Je veux la sauver. En mon nom, je te commande d’écrire au Chef de ceux qui vous gouvernent. L’image de mon Cœur qui doit se faire doit sauver la France. C’est à eux que tu l’enverras. Si on la respecte, c’est le salut ; mais si on la foule aux pieds, ce sont les malédictions du Ciel qui tombent et écrasent tout le peuple. Va droit à ceux qui vous gouvernent. Si tu savais comme la conscience de ces gens-là est agitée. Je remue leurs cœurs, à toi maintenant de me faire connaitre. La chose te parait grave, mais obéis ; c’est le salut de ta Patrie” (26 nov 1916).

“Les gouvernants sentent que Dieu seul peut les sauver. Mais lâches qu’ils sont, ils vivent chacun dans leur milieu, cachant ces pensées au fond de leur cœur. C’est pourquoi tu vas écrire au Président lui montrant son devoir à la tête d’une puissance, devoir vis-à-vis de Dieu d’abord, devoir sur lequel tout le peuple doit se former. S’il ne se soumet pas à ce que Je lui adresse par toi, de grands malheurs menacent sa personne et ses droits. Au contraire si, par lui, Je suis gravé sur le drapeau français, dès le lendemain, il poursuivra l’ennemi qui fuira en désordre et le rejettera au-delà de la frontière. En peu de temps, c’est la paix pour toutes les nations” (16 dec 1916).

On remarquera que la mission de Claire Ferchaud sur le plan national se termine par un vœu :

« Que la France soit enfin délivrée par le règne du Sacré-Cœur, malgré la rage de Satan et de ses suppôts. »

Et par le cri de reconnaissance qui termine notre vieille loi salique :

« Vive le Christ qui aime les Francs ! »

Ceux qui connaissent l’importance des dates dans les desseins de Dieu remarqueront les coïncidences :

En 1917, à Rome, la Franc-Maçonnerie fêtait son 2ème centenaire et, sous les fenêtres du Vatican, insultait le Pape et déployait l’étendard de Lucifer foulant saint Michel sous ses pieds avec cette inscription :

« Satan doit régner au Vatican, le Pape sera son esclave ».

Au Portugal, les révolutions se succèdent, la Franc-Maçonnerie règne en maitresse persécutant les catholiques.

En France, la Franc-Maçonnerie avec l’aide de ministres (Malvy) et d’hommes à la solde de l’Allemagne (Bolo Almereyda avec le Bonnet Rouge) préparent la défaite de la France. On ne peut qu’être très frappé par la triple intervention du Ciel :

– Le Portugal sauvé de la révolution par le grand miracle de Fatima (13 octobre).

– À Rome, 4 jours après (17 octobre), fondation par le Père Kolbe de la Milice de l’Immaculée (comportant la lutte contre la Franc-Maçonnerie pour protéger le Pape et l’Église).

– De son côté, la France était sauvée du désastre en cette même année par l’intervention du Sacré-Cœur. Les traîtres étaient arrêtés et l’armistice intervenait le 11 novembre 1918 (fête de saint Martin).

Claire Ferchaud a toujours regardé la guerre de 1940, la guerre d’Algérie et les autres comme la continuation de la guerre de 1914 : pas de paix, seulement des trêves. Et le monde dans un chaos toujours plus profond.

Les années que nous vivons voient se poursuivre une lutte implacable de la Cité sans Dieu, matérialiste et athée, contre la Cité de Dieu. L’Église persécutée est empêchée d’accomplir son œuvre de paix.

Ce sont des « faits ». Au moment où la Franc-Maçonnerie, totalement maîtresse de tous les rouages de l’État, de la presse, de la Radio, des écoles et universités, annonce qu’elle se « désocculte » pour proposer son « idéal » à la jeunesse, nous devons méditer ces faits.

Il est temps pour les catholiques, avec l’aide de Notre-Dame, de se réveiller, de rétablir leur unité dans l’Église autour du Pape.

Seule, la conversion nous sauvera ! Tous les événements confirment les avertissements de 1917celui de Notre-Dame et celui du Sacré-Cœur.

La Nouvelle France
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Pierre-Charles Paquereau, de la Boissière-de-Montaigu,  tué à la bataille du Mans le 12 ou le 13 décembre 1793… 

Pierre-Charles Paquereau, de la Boissière-de-Montaigu,

tué à la bataille du Mans le 12 ou le 13 décembre 1793…

Pierre-Charles Paquereau....

Après la bataille de Cholet, le 17 octobre 1793, quatre mille hommes sous le commandement de Talmont et d’Autichamp s’assurent le passage de la Loire dans la nuit du 17 au 18 en traversant le fleuve à Saint-Florent et en délogeant le poste bleu de Varades. Le vendredi 18 octobre, Pierre-Charles Paquereau traverse la Loire avec l’armée vendéenne. Il participe à tous les combats de la Virée de Galerne et est tué à la bataille du Mans, le 12 ou le 13 décembre 1793*.

* L’acte de mariage du fils de Pierre-Charles :  Pierre-François Paquereau, en date  du 4 février 1811 à Saint-Georges-de-Montaigu (vue n°79/125) nous informe que Pierre-Charles Paquereau serait mort le 8 septembre 1796 à Saint-Georges. Aucun acte de décès n’a été découvert à cette date.

Pierre-Charles Paquereau est né le 15 août 1760 à la Jousselinière, paroisse de la Boissière-de-Montaigu. Il est le fils de Pierre Paquereau  et de Renée Dixneuf, mariés le 14 mai 1755 à la Boissière. Il épouse le 25 janvier 1785 à Saint-Georges-de-Montaigu, Gabrielle Sachot née le 3 février 1759 à Saint-Georges-de-Montaigu, fille de Jean Sachot et de Marie Favreau. En 1793 il est domestique dans cette paroisse.

De cette union sont issus :

1° Pierre-François Paquereau, né le 20 octobre 1786 à Saint-Georges.

2° Jeanne Paquereau, née en 1790, mariée le 26 février 1814 avec Alexandre

     Rambaud à Saint-Georges.

  Le 15 février 1817, Gabrielle Sachot dépose une demande de pension comme veuve de soldat vendéen. Sa demande est enregistrée sous le numéro 99 – (SHD XU 39-5, vue n° 8/41 – 15 février 1817). «  N°99 – Sachot Gabrielle, née en 1758 – Paquereau Pierre – tué au Mans – soldat de l’armée Vendéenne – indigente – domiciliée à Saint-Georges-de-Montaigu. »

Pierre-Charles Paquereau....

Pierre-Charles Paquereau....

Elle est proposée pour une pension de 40 francs. Cette pension lui sera versée jusqu’en 1830.

NDLRB. Pas  besoin d’être grand  clerc pour deviner  que le séisme  qui a entraîné l’avénement au pouvoir  de Louis-Philippe a sans doute entraîné l’arrêt du versement de la pension.

Gabrielle Sachot décède chez sa fille Jeanne à la Déderie à Chavagnes-en-Paillers le 24 juillet 1830. (Registre de l’Etat Civil de Chavagnes-en-Paillers année 1830, vue n°186/458).

Sources: Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Dossiers de pensions, vue n°8/41-  SHD XU 39.5 du 11 février 1817 – Registres d’état civil des communes de Saint-Georges-de-Montaigu, Chavagnes-en-Paillers, la Boissière-de Montaigu – Photo : les charniers du Mans de Vendéens et Chouans.

Xavier Paquereau pour Chemins Secrets

http://chemins-secrets.eklablog.com/pierre-charles-paquereau-a130788834