Tract de présentation de l’Association VOIR fondée à Limoges en1985.

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Charette et Bonchamps honoré par le Souvenir Vendéen le 30 septembre 2017.

http://storage.canalblog.com/88/75/773923/117176348_o.jpg

A noter  que  contrairement  à Charette et Bonchamps , Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière, né le  30 octobre 1738 , et mort le 20 octobre 1824  dans sa propriété d’Omblepied à Oudon (44521)  , est un militaire français connu pour sa participation à la  guerre de Vendée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-Nicolas_de_Fleuriot_de_La_Freuli%C3%A8re

Il ne peut  donc pas être  considéré  comme une  victime de la révolution  dont Panorama de Voir a entrepris le collecte

 

Du bon Père Rouville et de ses compagnons martyrisés à Privas le 5 août 1794

2014-77. Du bon Père Rouville et de ses compagnons martyrisés à Privas le 5 août 1794 (2ème partie).

(la 1ère partie, résumant la vie du Révérend Père Rouville, se trouve > ici )

palmes

2ème partie – Les abbés d’Allemand, Bac, Gardès et Montblanc.

– L’abbé Pierre-François Dulau d’Allemand de Montrigaud.
Issu d’une très ancienne famille du Dauphiné, apparenté au chevalier Bayard, il était né le 26 février 1764 à Pierre-Chatel.
Ordonné prêtre par Monseigneur Jean-Georges Lefranc de Pompignan, archevêque de Vienne, au printemps 1790, il fut aussitôt nommé prieur-curé de Saint-Julien-Vocance, à quatre lieues au sud-ouest d’Annonay : cette partie de l’actuel département de l’Ardèche appartenait alors à l’archidiocèse de Vienne.

En janvier 1791, il prêta le serment avec « les réserves et restrictions que sa conscience et sa religion réclamaient », ce qui faisait qu’en rigueur ce serment était nul aux yeux de la loi, mais la municipalité s’en contenta ainsi que les autorités d’Annonay, qui à ce moment-là étaient plutôt portées à la conciliation.
Monsieur d’Allemand continua donc son ministère sans être inquiété pendant plus d’une année.

Tout se détériora lorsque, pour la Pentecôte 1792, Monsieur d’Allemand avisa la municipalité que, conformément aux années précédentes, il conduirait sa paroisse en pèlerinage au tombeau de Saint Jean-François Régis, à La Louvesc, et qu’il désirait que la procession soit accompagnée de la garde nationale jouant du tambour !
Les révolutionnaires d’Annonay s’en émurent et firent interdire la procession, avec des menaces à peine voilées…
Deux mois plus tard, c’était le 10 août : le Roi captif ne pouvait plus protéger de son veto les prêtres réfractaires au serment, qui furent donc tenus, par le décret du 26 août 1792, « de sortir du royaume dans le délai de quinze jours ».
Monsieur d’Allemand ne se laissa pas intimider : « Quand les loups hurlent, disait-il, le pasteur ne doit pas s’enfuir. »
Refusant d’abandonner sa paroisse et rétractant vigoureusement son serment restreint, malgré des menaces de plus en plus virulentes, il vit les vexations s’abattre sur les Soeurs de Saint-Joseph qui l’aidaient dans son ministère (école, catéchisme, visite des pauvres et des malades…) et sur sa personne, fut contraint de quitter sa cure, dut renoncer à célébrer dans son église, mais continua néanmoins son ministère en se cachant dans des hameaux éloignés.

Il fut trahi par un paroissien qui l’avait fait appeler pour baptiser son fils qui venait de naître : pris dans la nuit du 4 au 5 juillet 1794, traîné à Annonay en subissant de nombreux outrages, il fut conduit dans les prisons de Privas le 9 juillet 1794.
C’est le plus jeune de nos martyrs : il était âgé de trente ans.

église de St-Julien Vocance avec stèle commémorative de l'abbé Allemand

Saint-Julien-Vocance : l’église aux origines romanes, profondément remaniée au XIXe siècle.
En 1937 une stèle a été érigée sur le parvis rappelant « la pieuse et glorieuse mémoire » de l’intrépide curé et martyr, Pierre-François d’Allemand.

– L’abbé Jean-Jacques André Bac.
Né le 30 novembre 1751 à la ferme du Grand-Bosc, sur la paroisse de Saint-Julien-Labrousse, à trois petites lieues au nord-est du Cheylard, dans les Boutières, après sa formation cléricale au séminaire de Bourg-Saint-Andéol, il fut ordonné prêtre le 23 mars 1776, par Monseigneur Joseph Rollin de Morel Villeneuve de Mons, évêque de Viviers.

Vicaire pendant dix ans dans deux paroisses du diocèse de Viviers, il fut choisi en 1786 pour être prieur-curé du village de Mens, dans le diocèse de Die : ce diocèse était en effet très pauvre en prêtres et devait donc faire appel à des prêtres extérieurs. Il fallait pour cette cure de Mens un prêtre particulièrement zélé et instruit, car la population de cette paroisse y était presque pour moitié protestante.
Il prêta le serment constitutionnel avec restrictions au début de l’année 1791, mais le rétracta quelques mois plus tard quand il apprit la condamnation de la constitution civile par le Pape Pie VI. Ayant subi des pressions psychologiques très fortes auxquelles il résista autant qu’il put, il fut finalement chassé de son presbytère et remplacé par un curé jureur.

Monsieur Bac pensa d’abord demeurer dans sa paroisse pour y continuer son ministère, mais il dut bientôt se rendre à l’évidence : poursuivi par de farouches révolutionnaires, s’il restait sur place il attirerait des représailles sanglantes sur les paroissiens fidèles qui l’auraient caché et aurait assisté à sa messe. Après quelques semaines d’errance, au début de l’année 1792, il revint dans sa famille à Saint-Julien-Labrousse.
Les municipaux de Saint-Julien-Labrousse étaient d’anciens camarades et n’étaient nullement des révolutionnaires enragés, au contraire ; dans toute cette paroisse, ainsi qu’aux environs, la population était très fortement chrétienne, attachée à ses prêtres et à la pratique religieuse, si bien que, par exemple, le curé – noble messire Alexis du Chier – était demeuré dans son presbytère sans avoir jamais été inquiété. Ce vieux prêtre rendit paisiblement son âme à Dieu le 3 juin 1793.
L’abbé Bac, requis de prêter le serment de « liberté-égalité », le prononça avec toutes les restrictions – dûment explicitées et consignées par les municipaux – que lui dictait sa conscience, ce qui, pendant deux années, lui permit d’exercer publiquement les actes du ministère, à Saint-Julien et dans les villages environnants, au début pour seconder le vieil abbé  du Chier, puis pour le remplacer et suppléer au manque de pasteurs dans les paroisses voisines. Il en fut ainsi depuis le début de l’année 1792 jusqu’à mai 1794.

C’est le maire de Vernoux, gros bourg distant de quelque quatre lieues, qui le dénonça au district : « Il existe depuis un certain temps un ci-devant prêtre insermenté (…) nommé Bac, chassé de Mens, département de l’Isère, où il versait son poison. Cet homme fait beaucoup de mal, et il convient d’en purger la terre de la raison. [Donne donc l’ordre] d’arrêter Bac qui promène tranquillement son incivisme dans cette commune » (sic).
Le 12 mai 1794, la maréchaussée de Tournon cerna à l’aube la ferme du Grand-Bosc et se saisit de l’abbé Bac.
D’abord incarcéré et interrogé à Tournon, les restrictions qu’il avait exprimées lors des différents serments exigés par la loi révolutionnaire et sa rétractation du serment schismatique furent établies : c’était un crime suffisant pour être conduit dans les prisons du chef-lieu.
L’abbé Bac arriva à Privas le 9 juin 1794, il était dans sa quarante-troisième année.

Mens

Le village de Mens, dans l’ancien diocèse de Die :
paroisse de l’abbé Jean-Jacques André Bac, natif de Saint-Julien-Labrousse. 

– L’abbé Louis Gardès.
Né le 25 juillet 1754 dans une famille paysanne de la paroisse du Béage, sur les hauts plateaux vivarois qui confinent au Velay, au terme de ses études sacerdotales qu’il suivit au séminaire de Bourg-Saint-Andéol, il fut ordonné prêtre le 19 décembre 1778 par Monseigneur Charles de La Font de Savine qui venait tout juste de prendre possession du diocèse de Viviers.

Après avoir été vicaire pendant cinq ans dans le diocèse de Viviers, comme l’abbé Bac et pour la même raison – surabondance de vocations en Vivarais et pénurie en quelques diocèses voisins – , l’abbé Gardès partit pour le diocèse d’Alès où, après quelques mois de vicariat, il fut nommé curé-prieur de Saint-Gilles-de-Ceyrac, qui est aujourd’hui un hameau de la commune de Conqueyrac et constituait alors une petite paroisse de l’archiprêtré de Saint-Hippolyte-du-Fort.
Entraîné par l’exemple de ses confrères voisins, l’abbé Gardès prêta d’abord le serment constitutionnel, mais dès qu’il en apprit la condamnation par le Souverain Pontife, il fit une rétractation solennelle non seulement devant les municipaux de Saint-Hippolyte mais aussi par acte notarié.

Considéré dès lors comme réfractaire, l’abbé Louis Gardès dut renoncer à tout ministère public : d’ailleurs sa petite église de Ceyrac avait été fermée, son mobilier vendu et son argenterie envoyée à la monnaie. Pendant quelque temps, il fut toléré qu’il exerçât les fonctions du culte à titre privé, dans des chaumières ou dans des granges, mais dans les premiers mois de 1792 la situation devint critique : Saint-Hippolyte était un ardent foyer du calvinisme cévenol ; la révolution y avait rallumé dans la population huguenote acquise aux idées révolutionnaires des idées de représailles fort peu évangéliques envers les catholiques. En juillet 1792, l’un des confrères de l’abbé Gardès fut horriblement torturé pendant toute une journée par la populace avant d’être décapité…

C’était dans le même temps que l’échec de ce que l’on a appelé « la conspiration de Saillans » entraîna une sanglante répression contre les catholiques et loyaux sujets du Roi dans le nord du Gard et le sud de l’Ardèche (cf. l’histoire des camps de Jalès >http://leblogdumesnil.unblog.fr/2013/09/06/2013-68-ou-a-loccasion-du-220eme-anniversaire-du-martyre-de-labbe-claude-allier-leur-instigateur-et-leur-ame-on-rappelle-ce-que-furent-les-camps-de-jales/). En se cachant, l’abbé Louis Gardès quitta les Cévennes pour remonter vers son pays natal et, après plusieurs mois d’errance, pour venir se cacher dans le mas familial de Peyregrosse, sur la paroisse du Béage.

Profondément enracinées dans la foi catholique et farouchement hostiles au clergé constitutionnel, les populations rurales des hauts plateaux vivarois étaient entrées en résistance dès la fin de l’année 1791 : les paroisses s’étaient organisées autour de chefs à la forte personnalité, véritables chouans – tels « notre » Grand Chanéac (cf. www) – sous la protection desquels, de toutes parts, des prêtres réfractaires étaient venus se placer.

A plusieurs reprises, de véritables battues furent organisées. C’est à l’occasion de l’une d’elles que, fuyant Le Béage et  cherchant à rejoindre le village de La Chapelle-Graillouse, à la mi-juin 1794, vaincu par la fatigue, il s’était endormi dans un taillis, la tête appuyée sur son bréviaire qu’il venait de réciter, que l’abbé Louis Gardès fut surpris et formellement identifié par un miséreux auquel il avait fait la charité.
Il arriva à Privas pour y être incarcéré et interrogé le 16 juin 1794, il était âgé de quarante ans.

La Chapelle-Graillouse

La Chapelle-Graillouse, village en direction duquel s’enfuyait l’abbé Louis Gardès
lorsqu’il fut pris à la mi-juin 1794.

– L’abbé Barthélémy Montblanc.
Né le 18 avril 1760 à Cruzy, près de Narbonne, on sait peu de choses sur ses origines et sa formation cléricale en raison des destructions des archives. Des actes de catholicité qui ont subsisté nous montrent qu’il était diacre le 30 juillet 1785 mais prêtre le 4 octobre suivant.

Le 12 juillet 1789, nous le trouvons nommé vicaire d’une succursale de Givors, à quelque sept lieues au sud de Lyon. Probablement était-ce pour se rapprocher de son frère, « maître en chirurgie » à Condrieu, qu’il avait obtenu de venir dans l’archidiocèse de Lyon.
Son absence fut remarquée aux célébrations organisées le 14 juillet 1790 pour l’anniversaire de la prise de la Bastille, et lorsque, à la fin de janvier 1791, il apprit qu’on allait exiger de lui le serment constitutionnel, il résolut de partir : le jour de la Chandeleur, 2 février 1791, à l’issue de la messe, il fit ses adieux à ses paroissiens en leur expliquant que sa conscience ne lui permettait pas de prêter le serment qu’on exigeait de lui.

L’abbé Montblanc se retira d’abord chez son frère, à Condrieu, puis, craignant de lui être à charge et de constituer un danger pour sa famille, quelques mois plus tard, il gagna dans un premier temps Annonay, où s’était organisée une association clandestine de prêtres qui « feignant d’être chirurgiens, colporteurs, garçons boulangers, gardes nationaux, à la faveur de [leurs] déguisements, s’insinuaient dans les maisons où leur ministère était nécessaire ».
Mais le zèle de l’abbé Barthélémy Montblanc en faisait un des principaux suspects, et il dut bientôt s’enfuir pour mener une vie errante dans les montagnes du nord du Vivarais, du sud du Forez et du Pilat, se mettant au service des âmes dans les paroisses qui n’avaient plus de pasteur.
Cela dura jusqu’à la Pentecôte de 1793 où, revenant d’administrer un mourant – probablement dans les environs de Pelussin – , il fut pris par une bande de révolutionnaires qui, après les outrages que l’on peut imaginer, l’envoyèrent dans les prisons de Lyon.
L’héroïque révolte des Lyonnais contre la convention le tira de son cachot.

Fuyant Lyon lorsque la ville fut prise et livrée à la vengeance révolutionnaire, l’abbé Montblanc revint à Annonay sous un déguisement de sans-culotte.
Sous le nom de code d’ «oncle Barthélémy », il exerça à Annonay un rocambolesque ministère clandestin d’octobre 1793 à mai 1794. Les « patriotes » enrageaient contre lui et avaient juré sa perte ; le « comité de surveillance » multipliait les ruses pour le prendre… et finit par resserrer l’étau autour de lui, si bien qu’à la fin du mois de mai, l’ « oncle Barthélémy » dut s’éloigner d’Annonay et se cacher, à deux lieues de là, à Vernosc.
Dans ce village, trois Soeurs de Saint-Joseph – dont nous reparlerons plus loin – avaient maintenu, dans une relative discrétion, leur vie de communauté, de prière et de bonnes oeuvres. Là, l’abbé Montblanc continua son ministère avec un zèle ardent, jusqu’à ce qu’une religieuse défroquée, dont la demeure servait de rendez-vous aux démagogues et aux libertins, n’attire l’attention des « patriotes » du lieu sur lui : « Je parierais que c’est un calotin. Je m’y connais. Il a plutôt l’allure d’un ci-devant curé que d’un celle d’un sans-culotte… »

Le lundi de Pentecôte 9 juin 1794, alors qu’il avait jugé prudent de s’éloigner de Vernosc pendant quelques temps, l’abbé Barthélémy Montblanc fut reconnu, pourchassé et finalement pris dans la vallée de la Cance, près de la « roche Péréandre ».
A celui qui lui mit la main au collet, l’abbé se contenta de dire : « Le bras qui m’arrête périra ». Peu de temps après, pendant la moisson, cet homme se querella avec un camarade qui lui donna un coup de faucille sur la main droite : la plaie s’infecta, la gangrène s’y mit et se propagea, et on dut lui amputer le bras.

Emmené captif à Annonay, l’abbé Montblanc fut, dès le 14 juin 1794, transféré à la prison de Privas : il était âgé de trente-quatre ans.

Suivre à la trace la colonne infernale du Général Grignon. Retirer un terme : Commune de Saint -Paul-en-Pareds (87500).

http://chemins-secrets.eklablog.com/jean-gaboriau-a131161326

 

Le 31 janvier 1794, « De grand matin, Grignon quitte la Flocellière pour gagner les Herbiers. Sa colonne se divise en plusieurs parties au village de l’Epaud. L’une d’elles prend le chemin de Saint-Paul-en-Pareds, massacrant un groupe de Vendéens cachés dans le bois de la Bonnelière*, et tuant et incendiant les hameaux et fermes le long de leur chemin. Ce détachement parvient le soir à Saint-Paul-en-Pareds et enferme soixante douze personnes dans la cour du château. Après les avoir nourries, abreuvées et forcées à danser, ils les massacrent….

* Curieusement, le logis de la Bonnelière de St Michel-Mont-Mercure (85700) échappe à l’incendie.

Marc Hayé, aubergiste de la commune de Saix guillotiné le 28 avril 1794)

     Ce post provient  d’un site à la sensibilité royaliste mais ceci ne veut pas dire que   « Panorama de  Voir »  a renoncé  au caractère scientifique de ses recherches.
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Marc Hayé, aubergiste de la commune de Saix (86120-Vienne),

guillotiné à Poitiers le  9 Floréal de l’an II (28 avril 1794),

pour avoir abattu l’arbre de la liberté…

        
Marc Hayer, de Saix.... En 1793, le hameau de  »Belle Cave » se situe au carrefour du Poitou, de l’Anjou et de la Touraine. Ce lieu-dit de la commune de Saix, compte trois auberges, celle des Trois-Canards, des Trois-Pigeons et des Trois-Marchands. Marc Hayé, âgé de 43 ans, natif de Belligné dans le district d’Ancenis (Loire-Inférieure) est le propriétaire de l’auberge des Trois-Marchands. Il n’aime pas la république et voit d’un très mauvais œil toutes les nouveautés et surtout l’arbre de la liberté de Saix et son bonnet de la liberté, symboles de ce qu’il exècre.

Après la prise de Saumur, les Vendéens font une incursion dans le petit village de Saix situé près de Fontevrault dans le département de la Vienne. En effet, le 10 juin, les Vendéens sont à Saumur, la rumeur…. ils sont à  »Belle Cave » et vont abattre l’arbre de la liberté. Marc Hayé n’a jamais caché son soutien au Roi, mais il est vu derrière un cavalier Vendéen et comme toujours le salaud du village va le  »balancer » ; c’est un habitant de  »Belle Cave » nommé Joseph Cerclé, journalier.

Cette fripouille déclare  : « Quelques jours après la prise de Saumur par les Brigands, il vit le nommé Hayé monté derrière un brigand à cheval qui fut abattre l’arbre de la liberté de la commune de Saix ».

Le lundi 9 Floréal de l’an 2 (28 avril 1794), Marc Hayé comparaît devant le tribunal Criminel de Poitiers. Parmi les faits qui luit sont reprochés  : Il a pris le bonnet de la liberté, l’a fait sauter en l’air et l’a foulé aux pieds en disant :

« Le voilà le bonnet qui nous met dans l’esclavage… AU DIABLE LA SACREE LIBERTE, plus de municipalité, au diable la sacrée municipalité……

J’EMMERDE la sacrée municipalité… AU DIABLE LA NATION et VIVE LE ROI. »

Après avoir entendu l’accusateur public, le Tribunal se déclare convaincu que Marc Hayé est coupable de provocation à la royauté et d’émeutes contre-révolutionnaires. Il ordonne que le dit Hayé soit livré dans les vingt quatre heures à l’exécuteur des jugements criminels et mis à mort. Ses biens sont et demeurent acquis à la république.

  Rendons hommage à ce royaliste en honorant sa famille par une brève généalogie.

Marc Hayé-Hayer-Hayée est né le 20 mai 1750 au village de la Haute-Lande à Belligné, il exerce la profession de Tisserand à Fontevrault avec son frère Etienne de 1780 à 1786 puis est tenancier de l’auberge des Trois-Marchands vers 1788 et exerce peut-être aussi son métier de tisserand. Il est le fils de Marc-Urbain Hayer et de Perrine-Marie Hallery originaires de la paroisse de Daon (Mayenne). Il se marie à Epieds en Anjou le 11 février 1779 avec Marie-Renée Desmier-Dixmier, née le 14 avril 1750 à Epieds et décédée le 11 mars 1823 à la Grande-Fontaine à Brézé où elle est qualifiée d’aubergiste.

L’acte de mariage d’un de ses fils, Jacques-André Hayé stipule qu’il est le fils de «  Marc Hayé, tisserand, décédé à Poitiers comme victime de la Révolution. » (Vue n°41 et 42/147, acte de mariage du 6 janvier 1813 à Raslay, archives de la Vienne). De cette union sont issus :

1° Sophie Hayer, née le 24 mai 1780 à Fontevrault.

2° Marc-Jacques Hayer, né le 17 août 1781 à Fontevrault.

3° Emilie-Sophie Hayer, née le 26 mai 1783 à Fontevrault.

4° Marie Hayer, née le 6 juin 1785 à Fontevrault.

5° Jacques-André Hayer, né le 31 mai 1788 à Fontevrault.

marié le 6 janvier 1813 à Raslay avec Marie-Rosalie Champion.

6° Jacinte Haydier, né le 12 juillet 1789 à Saix et + le 26 août 1789.

7° Louis Haydier, né le 12 juin 1792 à Saix, garçon laboureur à  Bizay, Epieds et décédé le 30 décembre 1865 à la Crépineriecommune de Brézé, journalier-vigneron.

  Pour terminer, car dans ce cas de figure, il ne faut pas oublier de signaler la famille du judas, du félon, de la canaille, responsable de la mort de son voisin : Joseph Cerclet ou Cerclé.

Joseph Cerclé a été assez facilement identifiable. Le 13 octobre 1841, Joseph Cerclet, cultivateur, âgé de 80 ans, veuf de Marthe Turquois, né à Saix, fils de feu Pierre Cerclet et de Marie Lalleron est décédé à la Tourette(lieu-dit proche de la Belle-Cave) – voir cadastre. (vue n°99/105 décès de Saix 1823-1842)

  C’est bien notre homme, puisque le 13 Ventôse de l’an 3 (3 mars 1795) – (vue n°34/136, 1793-1801), Joseph Cerclé est journalier, âgé de 32 ans et Marthe Turquois, âgée de 33 ans, domiciliés à Saix sont présents à la déclaration de la naissance de Louis Courtois, fils de Louis Courtois, journalier et de Marie Cerclé….. et le cercle se referme…..

Sources: Archives Départementales de la Vienne, du Maine-et-Loire, de la Loire-Atlantique tous droits réservés – Etat civil des communes de Saix, Fontevrault, Raslay, Epieds, Brézé, Belligné – Cadastre de 1841-assemblage feuille 16 4P414, de la commune de Saix – Les arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne de Robert Petit , Editions Clé 89 – Photos : La guillotine, extraite de Lafautearousseau quotidien royaliste Action-Française et photos de l’auteur.

 

http://chemins-secrets.eklablog.com/marc-hayer-de-saix-a130947174

Sur les pas de Charlotte Corday. Un site vraiment encyclopédique.

Résumé de sa vie
Normandie
Née le 27 juillet 1768 dans la ferme du Ronceray, paroisse des Lignerits, diocèse de Séez, morte à Paris le 17 juillet 1793, Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont, arrière petite-fille de Corneille, est issue d’une famille de petite noblesse désargentée.
Elle passe sa petite enfance à la ferme du Ronceray, puis à la ferme des Bois (paroisse du Ménil-Imbert). En 1774, après la mort de sa soeur, son oncle, curé de Vicques en 1777, devient son tuteur, lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir les tragédies de leur aïeul Corneille, lui donne une bonne éducation.
En 1776, ayant des affaires à régler à Caen, son père emmène sa famille sur la butte de la paroisse St-Gilles. Suite à la mort de la mère de Charlotte en 1782, et ne pouvant plus subvenir aux besoins de la famillle, son père réussit à la mettre en pension avec sa petite soeur au couvent de l’Abbaye-Ste-Trinité de Caen.
Elle se familiarise avec les auteurs de l’Antiquité grecs et romains, lit Plutarque et Rousseau et s’enthousiasme pour les idées nouvelles. La Révolution fermant les couvents, en 1790 Charlotte et sa soeur repartent vivre chez leur père au Ménil-Imbert. En juin 1791, Charlotte revient seule à Caen pour être hébergée chez une cousine, Mme Coustellier de Bretteville, 148 rue St-Jean.
Elle s’intéresse à la politique, indignée des outrances de Marat, le « massacreur de septembre » 1792. Elle lui reproche de pousser à la guerre civile. Les déclarations de ce dernier réclamant de plus en plus de cadavres exaspèrent Charlotte Corday. De plus elle apprend le supplice de l’abbé Gombault confesseur de sa famille, décapité le 5 avril 1793.
Fin juin et début juillet, 3 fois accompagnée par le domestique de sa cousine, elle rend visite aux députés girondins proscrits, réfugiés à Caen dans l’hôtel de l’Intendance. Elle choisit Barbaroux comme interlocuteur et s’enthousiasme pour l’ardeur des Caennais à s’enrôler et aller délivrer Paris des « anarchistes ». Le dimanche 7 juillet, une parade sur le Cours-la-Reine amenait à espérer un engagement de 3000 personnes dans l’armée des fédéralistes. Il n’y en eu que 17. Ne pouvant plus compter sur les hommes, sa décision est prise, elle doit tuer Marat, ce fou sanguinaire.
Personne ne connait son intention. Pour ne pas se trahir, elle envoie une lettre à son père lui indiquant son désir d’aller vivre en Angleterre.
Le mardi 9 juillet 1793 à 14 heures, munie d’un passeport et d’une somme d’argent importante, elle prend la diligence pour Paris. Après une nuit passée à Lisieux, elle reprend la route, change de diligence à Evreux pour rouler toute la nuit. Elle quitte définitivement sa Normandie natale.
Paris
Le jeudi 11 juillet vers midi, elle arrive à Paris, Rue des Victoires Nationales, et trouve une chambre à l’hôtel de la Providence, 19 rue des Vieux-Augustins.
Le vendredi 12, elle apprend que Marat, malade, ne siège plus à la Convention.
Le samedi 13, à 8 heures, elle achète un couteau de 40 sols au Palais-Royal, se fait conduire chez Marat, 30 rue des Cordeliers, mais n’est pas reçue. Elle y retourne quelque temps plus tard sans plus de succès. Le soir à 19 heures, elle se représente de nouveau et hausse la voix. Dans son bain, Marat l’entend et autorise son entrée, elle apporte des nouvelles du Calvados, donne les noms des députés girondins présents à Caen mais quand Marat lui dit qu’ils seront guillotinés, elle lui plonge son couteau dans le coeur.
Immobilisée par les amis de Marat, auxquels elle n’oppose aucune résistance, elle est interrogée une première fois sur place par le commissaire de police Jacques-Philibert Guellard. Elle est ensuite transférée à la prison de l’Abbaye.
Le 14 et le 15 juillet, pas d’interrogatoire, elle commence la rédaction de sa lettre à Barbaroux.
Le 16 juillet elle est conduite au Palais de Justice et comparaît devant le Tribunal révolutionnaire. Après s’être informé de l’identité et de l’âge de Charlotte, le président Montané lui demande qui est son défenseur. Charlotte Corday propose qu’un de ses amis Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant la défende. Ce dernier ne sera pas prévenu à temps.
Le soir, elle est incarcérée dans la prison de la Conciergerie où elle va terminer sa lettre à Barbaroux et rédiger une lettre d’adieu à son père.
Le mercredi matin 17 juillet à partir de 8 heures, c’est l’audience du Tribunal révolutionnaire avec défilé des témoins, le jugement va être prononcé. Tout au long de ce procès elle va répondre aux questions de façon exacte, sans jamais chercher à minimiser les faits. A l’issue des débats, l’accusateur public Fouquier-Tinville demande sa tête. Le défenseur demandé étant absent, le président désigne d’office Chauveau-Lagarde qui se trouve dans la salle.
Elle est condamnée à mort à l’unanimité des jurés. De retour dans sa geôle en début d’après-midi, il ne lui reste plus que quelques heures à vivre. Elle avait demandé que quelqu’un fasse son portrait. Le peintre Jean-Jacques Hauer entre dans sa geôle, il ne lui reste que deux heures pour terminer l’esquisse qu’il avait commencée dans la salle d’audience.
A 17h30, elle monte dans la charrette qui l’emmène à l’échafaud sur la place de la Révolution. Mercredi 17 juillet 1793 à 19h30, Charlotte Corday a cessé de vivre.
Elle aurait eu 25 ans 10 jours plus tard.

http://c.corday.free.fr/index.php?page=paris/madeleine

Le tribunal révolutionnaire de Strasbourg en 1793

Les Presses universitaires de Strasbourg ont publié au mois de mars 2017 un essai de Claude Betzinger sur le tribunal révolutionnaire de Strasbourg, sujet essentiel de la Terreur en Alsace, sur lequel cependant les historiens ne se sont guère penchés jusqu’à présent. 

Le tribunal revolutionnaire de Strasbourg

« Si on voulait écrire une histoire complète de cet horrible tribunal et de ses victimes, elle remplirait à elle seule un épais volume », fit remarquer l’historien strasbourgeois Jean Friesé en 1801. Or, si pendant deux siècles la « justice » révolutionnaire dans les départements inspira bien des monographies, le tribunal révolutionnaire de Strasbourg semble avoir été oublié.

Pourtant, la littérature historique évoquait ses « jugements à la tournée » et sa « guillotine ambulante » chaque fois qu’il était question de la Terreur en Alsace, mais avec bien des divergences d’un auteur à l’autre. Son histoire complète restait toujours à écrire.

C’est désormais chose faite, car le tribunal révolutionnaire de Strasbourg a laissé suffisamment de traces pour reconstituer le déroulement de son activité, entreprendre son étude sur la foi d’une documentation renouvelée et le débarrasser des fantaisies imaginées par une littérature plus souvent légendaire que vraiment historique.

Le tribunal révolutionnaire de Strasbourg, 25 octobre – 13 décembre 1793, par  Claude Betzinger Presses universitaires de Strasbourg, http://pus.unistra.fr/fr/livre/?GCOI=28682100444460 mars 2017, 280 p., 24 € 

http://www.vendeensetchouans.com/archives/2017/06/22/35409453.html