Les noyades de Nantes organisées par le Conventionnel Carrier.

Ce qui suit est tiré du site : Le point.fr

http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/16-novembre-1793-a-nantes-l-infame-carrier-fait-noyer-90-pretres-refractaires-dans-la-loire-16-11-2012-1529655_494.php

Carrier et ses « baptêmes de prêtres réfractaires dans la Loire»)

« Certains ont inventé la chambre à gaz, Jean-Baptiste Carrier, lui, a mis au point la « déportation verticale » dans le fleuve. L’objectif est toujours le même : éliminer rapidement et à moindres frais des condamnés trop nombreux. Pour se faire la main, l’envoyé de Paris, chargé de mettre fin à la révolte vendéenne par tous les moyens, commence avec 90 prêtres réfractaires emprisonnés à Nantes, qu’il fait noyer dans le « fleuve républicain ».

Le 25 octobre, le Comité révolutionnaire de Nantes les a faits emmener dans une prison flottante, La Gloire, ancrée devant la Sécherie. La veille, le 15 novembre, il a demandé au commandant chargé de la surveillance des prêtres de supprimer toute garde cette nuit-là afin qu’il n’y ait pas de témoins de la noyade. Il fait même preuve d’un machiavélisme admirable en faisant croire aux prisonniers qu’ils seront emmenés la nuit suivante au château de la Musse et leur recommande donc de déposer entre les mains du commandant tous leurs objets précieux qui leur seront rendus une fois arrivés dans leur nouvelle prison.

Ils sont fouillés, dépouillés des objets de valeur conservés sur eux. On leur demande même de retirer leurs vêtements et leurs chaussures. Ils sont alors liés à deux, puis jetés à l’intérieur de la gabare. Le transfert se fait dans le calme. Les prêtres ne se doutent pas du sort funeste qui les attend. Il n’y a que le curé de Machecoul qui s’inquiète en voyant sur le fond du bateau des pierres plates et blanches cachant des trous. Voyant de l’eau s’infiltrer, il conseille à ses voisins de se donner l’absolution l’un à l’autre. Ainsi font-ils.

Témoignage accablant

Une fois le transfert achevé, Lamberty et ses hommes embarquent sur un bachot (un canot) puis coupent les amarres de la gabarre que la marée descendante entraîne. Quand l’étrange convoi passe devant la batterie flottante de la Samaritaine, le canonnier Vailly, en faction, leur fait signe de s’arrêter. Voici son témoignage accablant : « Environ minuit et demi, huit particuliers de moi inconnus se sont approchés du bord dudit ponton montés sur un canot ; je les ai hélés et, au mot de qui vive, il m’a été répondu : Commandant, nous allons à bord. En effet, ils se sont approchés et m’ont demandé la liberté de passer avec un gabareau, qu’ils me dirent être chargé de 90 brigands, que j’ai su depuis être 90 prêtres. Je leur ai répondu que la consigne qui m’était donnée était de ne laisser passer aucun bâtiment, que l’on ne m’apparaisse d’ordre supérieur. Sur ma réponse, l’un de ces individus, nommé Fouquet, me menaça de me couper en morceaux, parce que, ajouta-t-il, lui et sa troupe étaient autorisés à passer partout sans qu’on pût les arrêter. Je leur demandai à voir leurs pouvoirs, ils obéirent et me présentèrent un ordre conçu à peu près en ces termes, et signé Carrier, représentant du peuple : Permis aux citoyens Fouquet et Lamberty de passer partout où besoin sera avec un gabareau chargé de brigands, sans que personne puisse les interrompre ni troubler dans ce transport. »

Puis le canonnier Vailly poursuit : « Muni de l’ordre du représentant Carrier que Fouquet et Lamberty venaient de me présenter, je ne crus pas devoir insister davantage ; en conséquence, les particuliers montant le canot et le gabareau contenant les individus passèrent sous la batterie du ponton où j’étais en faction, et un quart d’heure après, j’entendis les plus grands cris partir du côté des bateaux qui venaient de se séparer de moi et, à la faveur du silence de la nuit, j’entendis parfaitement que les cris de ceux que j’avais entendus auparavant étaient ceux des individus renfermés dans le gabareau, que l’on faisait périr de la façon la plus féroce. Je réveillai mes camarades du poste, lesquels, étant sur le pont, ont entendu les mêmes cris, jusqu’à l’instant où tout fut englouti. »

Trois prêtres s’échappent

Le canonnier a tout entendu, mais n’a rien vu. Effectivement, la gabare poursuit sa descente du fleuve, dépasse les villages de Trentemoult et Chantenay. Lamberty attend l’endroit idoine pour agir. Le voici, juste avant l’île Cheviré. La profondeur est suffisante pour engloutir la péniche. Il fait signe à ses hommes de défoncer ses sabords à coups de marteau. L’eau envahit la cale, où les prêtres, commençant à se rendre compte qu’ils vont bientôt rencontrer le Créateur, se mettent à hurler de désespoir, à supplier pour qu’on leur porte secours. Un des bourreaux a l’idée de leur faire une bonne blague, il grimpe sur le chaland en train de couler pour faire semblant de vider l’eau au moyen d’une poêle à châtaignes percée de trous. Que c’est amusant ! Mais les prêtres, qui ont déjà de l’eau à mi-cuisse, ne goûtent pas la plaisanterie. L’affreux plaisantin rejoint ses compagnons dans la barque, qui s’éloigne pour éviter d’être entraînée par le remous du chaland. Bientôt, les cris s’évanouissent. Le calme est revenu sur la Loire. Dieu accueille les siens.

Lamberty demande alors à ses hommes de ramer jusqu’à l’endroit où la gabare a coulé pour vérifier l’absence de survivants. Il a raison, car plusieurs malheureux, encore liés deux par deux, sont parvenus à s’échapper de leur prison. Ils luttent désespérément pour éviter la noyade. Mais quelques coups de rame bien placés les amènent vite à la raison. Bientôt, les flots du fleuve ont retrouvé leur calme. Lamberty ricane, content de son oeuvre de mort. Les noyeurs regagnent la rive, où chacun rentre chez soi satisfait du devoir accompli. Voilà 90 « corbeaux », ennemis de la République, qui ne coûteront plus cher à nourrir. Quant à Lamberty, il file prévenir Carrier de l’efficacité de la méthode.

Pourtant, le lendemain, on apprend que trois prêtres ont réussi à filer dans le noir après s’être détachés. L’un a été repêché et les deux autres ont atteint la rive. Tous trois ont trouvé refuge sur un navire, ancré à proximité, L’Imposant. Aussitôt, Carrier les réclame au capitaine pour les faire noyer le soir même. Les malheureux n’ont gagné qu’un jour de vie. Pourtant, un prêtre a survécu au massacre, il s’agit de l’abbé Julien Landeau, curé de Saint-Lyphard. Mal ficelé, il avait réussi à détacher ses liens l’unissant à un vieux moine. Échappant aux coups de rame, ils s’étaient éclipsés dans la nuit. Le vieux moine se noiera. Il n’y a qu’un unique survivant

Au cours des jours suivants, de nombreux cadavres sont repêchés sur les berges de la Loire. Ils ont pu s’échapper par les sabords trop grands ouverts, ou bien le chaland s’est brisé contre un banc de sable. C’est embêtant, car la rumeur de l’affreuse noyade se répand dans Nantes. Mais Carrier peut se rassurer, car nul n’ose s’en insurger de peur des conséquences. Il reste une dernière chose à faire à Lamberty et à ses hommes : récupérer les biens des prêtres restés à bord de leur prison et qu’ils n’ont pas pu emporter la nuit du crime.

La méthode de la « déportation verticale » a prouvé, malgré quelques imperfections, son efficacité. Jean-Baptiste Carrier décide de l’appliquer à grande échelle pour se débarrasser des milliers de Vendéens qui encombrent la prison de la ville. Entre les derniers jours de 1793 et février 1794, de 1 800 à 4 800 victimes disparaissent dans la Loire. »

Cette horreur va durer du e 16 novembre 1793 jusqu’en mars 1794. Il est à noter que Carrier ne sera pas guillotiné pour ses nombreux crimes ! Non ! il le sera pour une suspicion bien plus grave que tous ces crimes. En effet, le député de Seine et Oise, Charles-François Dupuis à la tribune de l’assemblée nationale va accuser Carrier de menées royalistes et contre-révolutionnaires !!!. C’est pour cela qu’il sera jugé puis guillotiné le 16 décembre. Jusqu’à son procès il occupe benoîtement le poste de secrétaire de la Convention.

Elle est belle la république !

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/11/cest-arrivé-un-16-novembre.html

Publicités

La chapelle Saint-Pierre-es-Liens lieu d’un massacre commis par une colonne infernale en mars 1794.

LA CHAPELLE SAINT-PIERRE-ÈS-LIENS* . ( La Chapelle Basse-mer-44450).

*http://www.chire.fr/A-151082-la-chapelle-saint-pierre-es-liens.aspx

Sur la rive gauche de la Loire à 20 kilomètres de Nantes, la Chapelle Saint-Pierre-ès-Liens était la chapelle d’un prieuré bénédictin qui dépendait de l’abbaye de Marmoutier. 

Au XIIe siècle, avec le départ des moines, elle devient l’église paroissiale de la Chapelle Basse-Mer. Avec le déplacement du bourg, au XIVe siècle, elle devient chapelle secondaire. 

À la Révolution, elle est vendue à des particuliers qui la redonnent à la paroisse. En 1797, elle est de nouveau nationalisée et rachetée par les mêmes paroissiens qui la restaurent et en confient la gestion à la paroisse. 

En mars 1794, en pleine Terreur, elle devient un lieu de massacre puisque plusieurs dizaines d’habitants y trouvent la mort brûlés vifs par la colonne infernale « le Cordelier ».  Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Étienne_Jean-François_Cordellier-Delanoüe

En 1905, à la suite de la nationalisation des biens du clergé, faute de moyens, la paroisse l’abandonne et elle devient une décharge publique jusqu’au 13 mai 1993, date à laquelle elle est rachetée et confiée à l’association « Mémoire du Futur » qui entreprend sa restauration.

Depuis 1993, l’association de sauvegarde du patrimoine « Mémoire du Futur de l’Europe », incarnée par un homme passionné, Reynald Secher*, à la tête d’ une équipe de jeunes bénévoles, travaille un mois chaque année pour restaurer ce bâtiment religieux afin de le tirer de l’oubli, de le faire renaître et, à terme, en faire le Mémorial de l’extermination de la Vendée.

https://dartagnans.fr/fr/projects/restauration-de-la-chapelle-saint-pierre-es-liens/campaign

 

18 individus condamnés a mort le 20 prairial an 9, par le premier conseil de guerre de la 12e division militaire siégeant à Nantes ( Loire Inférieure)

EXTRAIT DU PUBLICATEUR DE NANTES

CONTENANT LA RELATION DES PRINCIPAUX CRIMES COMMIS PAR LES 18 INDIVIDUS CONDAMNÉS A MORT LE 20 PRAIRIAL AN 9 *, PAR LE PREMIER CONSEIL DE GUERRE DE LA 12e DIVISION MILITAIRE.

* 9 juin 1801 (Vieux style)

Nantes, 21 prairial an 9 de la république. (10 juin 1801)

Une bande d’assassins et de voleurs infestait depuis long-tems le département de la Loire inférieure ; elle avait des chefs, des armes et l’habitude du crime ; elle portait la terreur dans les campagnes ; faisait contribuer les acquéreurs de domaines nationaux ; volait, à main armée, les caisses des percepteurs ; arrêtait les diligences ; liait, garrotait, menaçait d’incendier les maisons, de brûler leurs habitans, et se signalait de tems en tems par d’horribles assassinat

1 – Mulot, dit Ruinart, ou le Diable ;
2 – Tripon, dit l’Espérance ;
3 – Louis Menard, dit Sans-pouce, ou Pouce Coupé ;
4 – Pierre Chateigner ;
5 – Lelièvre ;
6 – Pierre Marchais ;
7 – Pajot ;
8 – Julien Lenoir, dit la Joie ;
9 – Joseph Ehas, dit Belle-Vaisselle, ou Tranquille ;
10 – Joseph Vengeant ;
11 – Louis Leray ;
12 – Hamon, dit Marie-Jeanne ;
13 – Denieul, dit le général Cantique
14 – Coconier, dit Bellevue ;
15 – René Bucher ;
16 – Geffroy, dit Saint-Yves ;
17 – Michel Mary
18 – et Pierre Guyon

DISCUSSION VOIR :

Les personnes dont les noms sont rapportés dans les lignes qui précédent peuvent-elles être considérées comme des victimes de la Révolution, rentrant à ce titre dans les travaux de VOIR ou bien sont-ce des bandits de grands chemins comme semble en témoigner la mention « Une bande d’assassins et de voleurs infestait depuis long-tems le département de la Loire inférieure » qui inaugure ce post ?

Si nous les avons intégrés parmi les «  victimes «  dont VOIR se préoccupe c’est que au delà de l’aspect « banditisme «  qu’il ne paraît pas possible de nier, la cause idéologique de ces exécutions ne peut être niée. Nous en donnerons trois preuves ;

a) La source du post

La Maraîchine Normande

EN MÉMOIRE DU ROI LOUIS XVI, DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE ET DE LA FAMILLE ROYALE ; EN MÉMOIRE DES BRIGANDS ET DES CHOUANS ; EN MÉMOIRE DES HOMMES, FEMMES, VIEILLARDS, ENFANTS ASSASSINÉS, NOYÉS, GUILLOTINÉS, DÉPORTÉS ET MASSACRÉS …

 b) La mention ci-après établissant des liens entre les actions répréhensibles et la proclamation qu’elles n’étaient pas sans lien avec le service du roi .

Parmi les condamnés, on distingue L. Menard, chef de la bande, qui donnait des quittances au nom du roi, signées tantôt le chevalier de Chamigny, tantôt le prince de Beauveau

c) La conclusion de l’article source et sa référence explicite à la « guerre civile «  grand pourvoyeuse des victimes dont VOIR a entrepris la collecte.

Voilà le funeste résultat des guerres civiles. L’humanité gémit de ne pouvoir être vengée que par le sang. Puisse la triste hécatombe qui se prépare, être une leçon terrible et salutaire ! Puisse le glaive de la loi n’avoir plus à punir tant de coupables et tant de forfaits !

http://shenandoahdavis.canalblog.com/